Sunugalnews:Le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) Didier Gailhaguet a mis en cause sans la citer Marie-George Buffet, « la ministre des Sports de l’époque », dans la poursuite des activités de Gilles Beyer dans les années 2000, lundi 3 février à sa sortie du ministère des Sports.

Le monde du patinage français connaît de grandes turbulences suite à la parution du livre de Sarah Abitbol, Un si long silence (Plon). En accusant son ancien entraîneur Gilles Beyer d’agression sexuelle et de viol entre 1990 et 1992, l’ancienne patineuse a déclenché une crise au sein de la Fédération française des sports de glace (FFSG). Son président, Didier Gailhaguet, a été reçu ce lundi 3 février 2020 par la ministre de Sports, Roxana Maracineanu. Elle a demandé au président de démissionner à l’issue de l’entretien. Didier Gailhaguet n’a pas répondu sur son intention ou non de démissionner mais a reconnu avoir« commis des erreurs, pas des fautes ».

Mise en cause de la ministre des sports de l’époque

« Les premiers responsables sont ceux qui ont laissé commettre ces exactions. Je veux bien sûr citer le ministère, et la ministre des Sports de l’époque, qui, de par leur lâcheté, leur incompétence et leurs nombreuses volte-face ont permis de laisser des personnes sur la glace dans des sports à maturité précoce, donc plus exposés, alors qu’elles auraient dû être soignées et mises hors d’état de nuire », a accusé Gailhaguet dans sa déclaration à la sortie du ministère, où il venait d’être reçu par Roxana Maracineanu.

« Je parle de la ministre qui était en poste au moment des faits de M. Gilles Beyer », a-t-il seulement ajouté.« Elle lui a retiré (son statut), et elle nous l’a renvoyé […] Il n’est pas resté à la fédération, il est reparti dans son club d’origine dans lequel le ministère lui a redonné une carte professionnelle », a-t-il avancé sans davantage de précisions.

Marie-George Buffet réplique sur Facebook

Interrogé, le ministère des Sports a indiqué à l’AFP qu’« aussi loin que remonte le logiciel EAPS il n’y a pas de carte professionnelle affectée à Gilles Beyer, mais des recherches approfondies sont en cours sur son parcours ».Les « enquêtes et les divers témoignages concordent tous sur le fait que j’ai suspendu l’entraîneur Gilles Beyer, diligenté une enquête administrative demandant expressément l’éloignement de cet entraîneur et transmis l’affaire au parquet », a réagi de son côté Marie-George Buffet, dans un billet sur sa page Facebook, raillant « du brouillard pour échapper au fond de l’affaire ».

« Une fédération sportive, ce n’est ni la police, ni la justice »

Au début des années 2000, sur la base d’un signalement de parents, Gilles Beyer avait fait l’objet d’une enquête judiciaire qui n’a pas abouti, puis d’une enquête administrative, qui a conduit le ministère des Sports à mettre fin à ses fonctions de cadre d’État, un poste d’agent public rattaché à la fédération, le 31 mars 2001. C’est Marie-George Buffet qui occupait alors le poste de ministre des Sports, depuis juin 1997 et jusqu’en mai 2002.

Malgré cette mise à l’écart, Gilles Beyer a poursuivi sa carrière au club parisien des Français volants, présidé par son frère Alain, jusqu’à son éviction vendredi. Il a aussi effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la FFSG jusqu’en 2018.

« Une fédération sportive, ce n’est ni la police, ni la justice, elle n’a pas non plus les moyens humains et financiers du ministère des Sports pour faire des investigations », a encore affirmé Gailhaguet.

Ouest-france

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