L’affaire de l’indemnisation de la famille du Dr Elmehdi AG HAMAHADY par son État (le Mali) après avoir été victime de «violation très grave» des droits de l’homme et qui oppose la Bank Of Africa à la polyclinique médicale Allama de Kati (Mali) est loin de connaître son épilogue. Et pour cause, la Bank Of Africa Mali, dont le siège social est à Casablanca (Maroc) et appartenant au groupe BMCE, a procédé à la vente aux enchères des ruines de ladite polyclinique médicale devant les tribunaux de Kati. En effet, la famille demande l’intervention de l’Union Africaine et de la CEDEAO auprès de l’Etat malien ainsi que tous les membres de l’équipe de médiation et du CSA impliqué dans la mise en œuvre, la signature et le suivi de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger dont l’Union européenne, l’Organisation de la coopération islamique (OCI), l’Algérie, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Tchad et le Niger.L’intervention du G5 Sahel est aussi sollicitée par les victimes.

«Un manquement de l’Etat malien à ses engagements»
Dans cette affaire, la famille du Dr Elmehdi AG Hamahady, qui a reçu l’information le 1er novembre dernier, demeure sur sa position de départ tout en considérant cette vente aux enchères comme «une faille» de l’Etat du Mali. Lequel nie la vente devant la famille sans preuve à l’appui. «Nous resterons sur notre position. Nous considérons la vente aux enchères de nos ruines faites par la BOA Mali pour manquement de l’Etat malien à ses engagements jusqu’à preuve contraire juridique écrite et officielle. Nous agirons uniquement en considérant les actions et les écrits allant de 2012 à ce jour, sauf nouvelle décision officielle et juridiquement valable qui annule la vente aux enchères et qui nous restitue nos ruines», persistent et signent Dr. Haletine AG Elmehdi, Mme Walet Elmehdi Allama et Mme Walet Elmehdi Amahali, fils et filles du Dr Elmehdi AG Hamahady, dans une note dont Seneweb détient copie.
Et de poursuivre : «L’audience du 1er novembre 2021 a bien eu lieu devant les tribunaux de Kati après apparition (30 jours avant l’audience) sur la liste des affaires du 25 octobre au 1er novembre 2021 faisant objet de ventes aux enchères au tribunal de Kati et l’adjudication a été prononcée par le juge présent dans la salle d’audience. Nous attestons n’avoir reçu aucun document ni de décision de minute ni de délibération mais confirmons que l’audience des criées a bien eu lieu et l’adjudication a bien été prononcée. Nous sommes désagréablement surpris d’apprendre que des autorités maliennes nient officieusement la vente aux enchères en nous demandant de nous en tenir à leur dire, c’est-à-dire à leur engagement verbal».

«Menaces de saisie immobilière malgré les engagements» de l’Etat malien auprès de la banque
Selon eux, cette audience du tribunal, qui a permis à la banque de procéder à la vente de leur bien, a eu lieu «conformément à la procédure de saisie immobilière et à l’agenda que rapporte le dernier commandement de saisie immobilière (datant du 13 août 2021) que nous avons reçu par l’huissier de la BOA qui prévoyait une éventuelle audience pour le 27 septembre 2021, à 10h et l’audience d’adjudication (audience des criées) pour le 1er novembre 2021».
La famille Elmehdi rappelle que «la première menace de saisie immobilière date du 7 janvier 2014 et qu’elle a été renouvelée à trois reprises (le 19 juin 2018, le 22 juillet 2020 et le 18 mai 2021), malgré les engagements de l’Etat malien auprès de la BOA Mali pour paiement de la créance (en priorité) dans le cadre du processus d’indemnisation par l’Etat maliendes victimes de violation grave des droits de l’Homme dont le Dr Elmehdi et sa famille». Et n’ayant pas été soldé par l’Etat malien, la BOA a continué les poursuites à l’encontre de la famille du Dr Elmehdi à la place de l’Etat malien.


«Une injustice que la famille subit depuis 2012»
Pour rappel, Dr. Haletine AG Elmehdi, Mme Walet Elmehdi Allama et Mme Walet Elmehdi Amahali, fils et filles du Dr Elmehdi AG Hamahady et propriétaire de la polyclinique médicale Allama de Kati, ont été victimes de saccages et pillages en février 2012, lors des attaques terroristes au Mali, précisément à Kati. Depuis lors, ils sont harcelés, perturbés et privés de leurs droits et rien n’a été fait par l’Etat malien pour les dédommager. La famille a dû s’exiler. Et dernièrement, la BOA a décidé de vendre les ruines de la clinique et de la pharmacie.
Face à cette situation que la famille qualifie d’«injustice» et qu’elle est en train de subir, elle a décidé d’alerter et de saisir l’opinion internationale afin que justice soit faite. La famille Elmehdi portera l’affaire devant toutes les autorités et institutions compétentes jusqu’à restitution définitive de ses ruines et indemnisation totale pour la confiscation de son bien, «si une justice existe encore et si le code des droits de l’Homme existe réellement».

NKN

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