La Covid-19 n’a pas encore fini de cristalliser l’attention des autorités politiques et sanitaires, au premier chef, voilà que le monde fait face a une menace. Une menace constituée par la Résistance aux antimicrobiens (Ram) du fait de ce que pourrait être ses conséquences sur les populations, au niveau mondial. Une des raisons qui a poussé le Dr Ibrahima Lo, médecin-vétérinaire a signalé que la Ram, pourrait être ‘’la prochaine pandémie zoonotique, si rien n’est fait’’. À ses yeux, ‘’La Ram est quelque chose qui devrait préoccuper les leaders au plus haut point’’.

‘’La Ram n’est pas une maladie’’, a précisé le Dr Lo qui note que c’est la conséquence de l’inefficacité du médicament contre un microbe. Une situation qui, selon lui, ‘’devient tellement récurrent, depuis quelques années, que (ses collègues et lui) alertent. C’est une menace, en ce sens que nous avons un arsenal commun que ce soit les animaux, l’environnement ou l’humain. La Ram favorise la mortalité, mais ce n’est pas une maladie’’, a-t-il dit lors d’une rencontre qui s’est tenue ce mercredi 24 novembre 2021, à Thiès.

Le Dr Lo participait à un atelier organisé dans le cadre de la célébration de la Semaine mondiale de sensibilisation sur les antimicrobiens qui se tient du 18 au 24 novembre 2021 avec pour thème ‘’Antimicrobiens : à manipuler avec précaution’’, faites passer l’information, pas la résistance’’ ; Et ce, sous l’autorité du Haut conseil national de la sécurité sanitaire mondiale ‘’One health’’.

Ces morts à la pelle qui guettent l’Afrique et l’Asie

Dans son exposé fait à cette occasion, le Dr Ibrahima Lo a confié qu’on ‘’parle de Ram quand les microbes responsables d’infection deviennent résistants aux médicaments sensés les combattre. Si on a un antibiotique qu’on utilise pour tuer une bactérie et que cela ne marche plus, on parle de Résistance aux antibiotiques. Si on a un antiparasitaire, produit utilisé pour tuer le parasite et que cela ne marche plus, on parle de Résistance aux antiparasitaires. Si c’est un champignon, on parle d’antifongique’’.

L’utilisation inappropriée (dose ou durée) des antimicrobiens pourrait être la prochaine cause de Ram. Quand les microbes deviennent résistants à un antimicrobien particulier, ils peuvent infecter différents hôtes à travers la chaine alimentaire ou l’environnement. Les antimicrobiens ne sont alors plus efficaces pour traiter les infections ou les maladies chez les nouveaux hôtes’’.

A l’en croire, ‘’les salmonelles qui peuvent déclencher pleins de maladies diarrhéiques chez l’humain, affectent également les poulets. Et quand c’est une salmonelle qui est résistante, une fois qu’on a cette aliment-là, ceux/celles qui préparent d’abord, peuvent, en le manipulant, se contaminer sans s’en rendre compte. Et dans les crudités que nous prenons, on peut se contaminer et du coup choper la maladie. On ne pourra alors que courir chez le médecin qui va prescrire des médicaments, puis aller chez le pharmacien pour acheter les médicaments. Mais ce qu’on va acheter ne marchera pas. Parce que c’est le même microbe face au même médicament. La seule chose qui change, c’est à qui il est destiné et quelle est la formulation, la dose utilisée pour chaque espèce. Donc, là, c’est une vase communiquant’’, a-t-il confié comme pour expliquer l’importance de veiller à la santé de tous, à travers le ‘’One Health’’.

‘’Pourquoi on alerte et on sensibilise’’

Cela devient tellement récurrent, depuis un certain nombre d’années, que des projections mathématiques ont été faites, a indiqué le Dr Lo qui a partagé des estimations faites, en terme du nombre de décès attribuables à la Ram par an, dans les années 2050. Ce sont, alors, 4 150 000 décès qui pourraient être enregistrés rien qu’en Afrique. Et ce, contre 4 730 000 en Asie ; 390 000 morts en Europe ; 317 000 décès en Amérique du Nord ; 22 000 en Océanie ; et enfin 392 000 en Amérique Latine’’, si cette pandémie de Ram devenait une réalité.

Conscient des risques, le médecin-vétérinaire de tirer la sonnette d’alarme pour dire ‘’la récurrence des cas de Ram devient une menace telle une maladie où une pandémie qui pourrait arriver d’ici quelques années. C’est pourquoi on alerte et on sensibilise dans ce sens. Mais on ne doit pas considérer la Ram comme une maladie, il faut juste comprendre qu’on en parle quand le médicament utilisé n’a plus d’effet recherché sur le microbe.

Pour lui, ‘’une fois la résistance acquise, le microbe va survivre, se multiplier et atteindre le nombre de quantité qu’il faut pour faire tomber malade et même causer la mort’’. À ses yeux, l’homme est du nombre des facteurs qui favorisent la Ram, aussi bien en tant que prestataire qu’en tant qu’utilisateur.

‘’… faire tomber malade et même causer la mort’’

Des propos confortés par le Dr Coumba Faye Diouf, en pointant un doigt vers l’homme pour dire qu’il ‘’est au bout de la chaine’’. Mais, elle en a profité pour souligner que ‘’la prévention se fait au niveau de la santé animale’’. Coordonnatrice nationale du Centre d’urgence pour les maladies animales transfrontières Fao (Ectad), elle a listé les facteurs favorisants à l’émergence des Ram.

‘’Certains comportements favorisent la Ram. C’est le cas, selon elle, quand une mère de famille qui donne du sirop au cadet, qui avait été prescrit à l’aîné. C’est donc l’utilisation des restants de médicament sans une autorisation médicale, pour une autre personne ; le non-respect du nombre de jours d’observance, c’est-à-dire le nombre de jour de prise de médicament pour un sujet malade. C’est le cas lorsqu’un patient cesse de prendre des médicaments alors qu’il lui était prescrit sa prise pendant un temps bien précis ; l’automédication, entre autres’’.

Relativement à la notion de délai d’attente, le Dr Mactar Seydi, chef du bureau de la pharmacie vétérinaire au ministère de l’Élevage note qu’il concerne à la première ligne les éleveurs. ‘’Pour respecter le délais d’attente, il faut que le sujet soit vivant. Ce n’est pas le fait de lui administrer le médicament et de l’abattre avant la fin de ces délais d’attente et de le garder dans le frigo pendant longtemps’’.

NKN

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