Poignards, machettes, tessons de bouteille, gourdins, paires de ciseaux. Les armes ont parlé et beaucoup de sang a coulé en 2021, emportant ainsi d’innombrables vies. L’année écoulée aura été marquée par des drames aussi horribles qu’incompréhensibles. Flashback sur les cas de meurtres et de suicide ayant suscité émotion et consternation.

Le 2 décembre dernier, la Police nationale a révélé, rien que pour le premier semestre de l’année, 24 cas d’atteinte à l’intégrité physique ayant entraîné mort d’homme au Sénégal. Des chiffres alarmants -qui ne prennent pas en compte les statistiques de la Gendarmerie et des autres corps de sécurité- témoignent de la persistance des actes odieux au Sénégal. Seneweb vous replonge dans les circonstances de ces crimes qui continuent de faire couler beaucoup d’encre dans le pays.
Les jeunes filles, principales victimes
En mars dernier, plus précisément dans la nuit du 19 au 20, une étudiante congolaise du nom de Lotaly Mollet a été mortellement agressée, aux Hlm Grand-Yoff, alors qu’elle revenait d’une séance de révision en vue de ses examens. Un incident qui a plongé le quartier dans le désarroi. Son bourreau, identifié sous le nom de Séwu Cabi Diatta, s’était emparé d’un tesson de bouteille pour poignarder sa victime. Le présumé meurtrier de l’étudiante congolaise a été poursuivi et maîtrisé par un chauffeur de taxi. Il est jusqu’à aujourd’hui entre les mains de la justice.
A peine deux mois plus tard, une autre affaire de meurtre similaire endeuille Louga et environs. Khady Diack, plus connue sous le nom de Khady Badiane, âgée de 25 ans, est tuée, ligotée et abandonnée dans un bâtiment en construction, par son petit copain. Après avoir été perdue de vue pendant des jours, la défunte domiciliée au quartier Santhiaba Centre, a été ainsi retrouvée morte le lundi 17 mai 2021. Lors de la découverte macabre, le corps de Khady Badiane était en état de décomposition.
Arrêté par les éléments du commissariat central de la capitale du Ndiambour, son petit ami nommé Mouhamed Thiam avait avoué avoir violé sa copine et l’a tuée pour cacher son forfait.
Le 1er juin, les populations des Parcelles Assainies se sont réveillées sous le choc. Dieynaba Traoré, une jeune femme âgée de 25 ans, domiciliée à l’Unité 11, est retrouvée morte dans la bande de filaos de Tivaouane Peulh, dans la banlieue dakaroise. Mais depuis cette découverte macabre, le mystère sur l’identité de son ou de ses meurtriers demeure toujours. En effet, les deux vigiles, qui ont été interpellés pour nécessité de l’enquête, ont été libérés, faute de preuves. L’un d’eux avait ramassé les deux téléphones de la victime. Accompagnés d’un collègue vigile comme lui, ils se sont rendus à la gendarmerie après avoir reconnu le visage de Dieynaba Traoré diffusé dans les médias sur l’écran d’accueil. Une justification qui a pu convaincre les gendarmes. Grâce au bornage, ces derniers ont réussi à découvrir le dernier endroit où Dieynaba Traoré s’est servi de son téléphone : un célèbre restaurant situé sur la Corniche-ouest de Dakar. Des preuves qui ont été confirmées grâce aux images visionnées par les gendarmes sur les vidéos de surveillance qu’ils ont réquisitionnées. Le taximan qui transportait la victime a été également interpellé puis relâché. L’enquête suit toujours son cours.
A l’origine des drames, une banale affaire
Mi- septembre, Mermoz prend le relais. Une dispute dans une voiture qui a dégénéré entre Dada Cissé et Cheikh Ahmed Tidiane Sadio, dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 septembre, a abouti à une mort d’homme à la Cité Comico de ce paisible quartier. Le corps de la victime, âgée de moins de 35 ans, a été retrouvé par les habitants de la cité, en pleine rue, près du siège de l’Ong 3D à Mermoz.  Arrêté par la police, le meurtrier de celui-ci a été interrogé par les enquêteurs. Sans faire de détours, Cissé, agent administratif à la Cour d’appel de Dakar, plus précisément au bureau des quittances du greffe, est passé aux aveux, confirmant qu’il a bel et bien tué son ami mais qu’il n’avait pas l’intention de le faire. Les résultats de l’autopsie avaient attesté « d’une mort par asphyxie mécanique par strangulation associée à de multiples lésions de morsures et des traces de lutte ».  
Au lieu de tirer une leçon de cette affaire, les jeunes Mamadou Ndiaye et Baye Ngalgou Ndiaye, se sont à leur tour battus, à hauteur de l’intersection près de la Brioche dorée d’Ouest-Foire. Lors de cette altercation, le 2 octobre dernier, Baye Ngalgou Ndiaye avait reçu, un coup de couteau de la part de son « ami », avant de rendre l’âme sur le coup. C’est le choc total. Après son forfait, le présumé coupable, Mamadou Ndiaye, qui séjournait récemment aux Etats-Unis, avait pris la fuite avant de se rendre par lui-même à la Gendarmerie.

Alors que les Sénégalais continuaient d’épiloguer sur cette sordide affaire, deux groupes de jeunes en sont venus aux mains, dans la soirée du lundi 15 novembre pour une infime somme de 3000 F Cfa. Cette bagarre rangée, qui s’est déclenchée aux abords de l’hôpital Gaspard Camara, après une partie de PlayStation, a causé la mort de deux jeunes. L’un répondant au nom de P.A.S, âgé de 24 ans, avait été poignardé par le dénommé F.D, il a succombé à ses blessures ouvertes au niveau du thorax arrière gauche et du bras gauche. Lors de l’altercation générale, le meurtrier présumé s’était emparé d’un tesson de bouteille et a asséné plusieurs coups à son vis-à-vis qui lui devait de l’argent, décédé après son évacuation à l’hôpital. En fuite, le présumé meurtrier, F.D âgé de 25 ans, a été arrêté le lendemain. L’autre jeune, M.L.N, a rendu l’âme alors qu’il tentait de se rendre à l’hôpital à bord d’un scooter pour s’enquérir de la situation de son ami P.A.S. Il a ainsi heurté un trottoir et s’est tordu le cou.
Mercredi 8 décembre, un jeune charretier nommé Moussa est tué à coups de coupe-coupe et des tessons de bouteille administrés, vers 19h, par ses amis. Ces derniers avaient un différend avec lui, à cause de quelques matériels. Selon le frère de la victime, c’est son ami proche, avec qui il vivait, qui l’a tué avec un coupe-coupe. Il a été atteint au ventre sur le front et au cou. 
« Il a été égorgé. On lui a tranché le cou», a soutenu le frère du défunt. Les trois jeunes, présentés comme les bourreaux présumés de leur « ami », ont été arrêtés.
Drame chez la famille du Dr Paye
Mais l’une des affaires qui ont le plus suscité de vives émotions notamment sur les réseaux sociaux, courant l’année 2021, ce sont les cas de meurtre suivis de suicide du Docteur Falla Faye. En effet, le dimanche 7 novembre, le médecin dentiste tue ses trois enfants avant de se donner la mort dans son cabinet à la suite à la décision du juge d’attribuer la garde des enfants à leur mère.
L’autopsie conclura, quelques jours plus tard, que Paye a tué ses trois enfants par strangulation, entraînant une asphyxie mécanique.L’aîné, Mouhamed Paye, est mort de façon atroce. Il avait reçu des coups de couteau avant de rendre l’âme.
Le père s’était ensuite tué par arme blanche en sectionnant sa veine. Ce qui avait conduit à une mort par choc hémorragique secondaire.
A signaler que la plupart de ces nombreux cas de meurtres et suicides, dont la liste est loin d’être exhaustive, est enregistrée dans la capitale et à l’intérieur du pays particulièrement à Ziguinchor, Linguère, Touba, Saint-Louis et Tambacounda. D’ailleurs, pour faire face à la montée fulgurante de la criminalité, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Antoine Félix Abdoulaye Diome, a initié, depuis début novembre 2021, une série d’inaugurations de commissariats de Police, notamment dans la région de Dakar.

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