Après une année 2020 marquée par l’absence de Navétanes et de combats de lutte, les amateurs de ces disciplines étaient ravis de leurs reprises en 2021. Mais la joie va très vite se muer en désarroi avec les nombreuses scènes de violences enregistrées lors de ces évènements, allant jusqu’à enregistrer la mort d’un individu. Zoom sur ces retrouvailles contrastées en cette année 2021 où la pagaille s’est invitée dans les arènes de lutte et terrains de football.

Lundi 6 décembre 2021 au stade Ngalandou Diouf (Rufisque), l’Asc Guiff (Rufisque Ouest) affronte l’Asc Thiawlène (Rufisque Est) en demi-finale des Navétanes zone 3B. Le match va s’emballer dans le dernier quart d’heure de la rencontre. L’arbitre va siffler un pénalty en faveur de Guiff, que l’équipe va transformer, le début du carnage. Des échauffourées ont éclaté entre les supporters des deux équipes dans les gradins. Alors que les forces de l’ordre tentent de contenir la foule, une partie des spectateurs va essayer d’escalader le mur du stade dans l’espoir de quitter les lieux. Mais la façade va s’écrouler sous le poids de ces personnes. Cet effondrement serait la  la mort d’un jeune homme de 20 ans et 38 blessés. Côté matériel, le stade Ngalandou Diouf a subi de nombreux dommages. Le terrain en gazon synthétique a été incendié, les buts et cages de football démontés. L’Organisme départemental de coordination des activités de vacances (ODCAV) de Rufisque a tenu sévir suite à cet incident : « Vu la gravité des incidents avec le stade saccagé et vingt-six (26) blessés dénombrés l’ODCAV décide l’arrêt immédiat et définitif des Navétanes à Rufisque pour le compte de la présente saison ».

Cet incident n’est pas le premier du genre cette année en Navétanes. Le 23 novembre 2021, l’Asc Jubo fait face à l’Asc Maag Baax pour le compte du quart de finale de la zone 4 de Guédiawaye au stade Amadou Barry. Là au moins, le match a pu aller jusqu’au bout avec une victoire de Maag Baax sur Jubo (1-0). Mais au coup de sifflet final, les supporters de l’équipe perdante vont sortir du stade puis jeter des pierres et d’autres projectiles pour saccager l’édifice sportif.

En lutte, les tambours et les chaises volent

S’il y a une discipline sportive qui a énormément manqué aux amateurs, c’est bien la lutte. Après une année blanche causée par la pandémie de Covid 19, les promoteurs de lutte ont décidé de gâter les amateurs en proposant une pléthore d’affiches alléchantes. Parmi ces combats, il y avait celui qui opposait Papa Sow à Siteu le dimanche 5 décembre 2021 à l’arène nationale de Pikine. Lors de la préparation d’avant combat, le pensionnaire de l’écurie Jambar Wrestling Academy (Papa Sow) va être au cœur d’une échauffourée qui va l’opposer au camp de son adversaire du soir. Dans des images, on voit Papa Sow forcer un barrage humain composé de policiers et se diriger tout droit vers la team de Siteu. « Je voulais donner mes offrandes aux chanteurs de l’arène, mais un proche de Siteu a interdit l’accès à mon accompagnant. C’est par la suite que j’ai décidé d’aller moi-même le faire. C’est ainsi que l’altercation a commencé », a expliqué le lutteur. A la suite de ce « forcing », les esprits vont s’échauffer et dans la confusion, Papa Sow va recevoir sur la tête un tambour, de la part du batteur de Siteu. Résultat des courses, le combat a été annulé après la grave blessure à la tête du leader de Jambar Wrestling Academy, qui lui a fait perdre beaucoup de sang. L’instance dirigeante de la lutte (CNG) a tenu à sévir après ces évènements et les deux camps en ont eu pour leur compte. Papa Sow a écopé de 6 mois de suspension avec sursis, la même peine a été appliquée à Siteu avec en plus une amende 500 000 FCFA et la réparation des chaises saccagées par ses supporters. Le tambour major de Siteu, Baye Djily, lui a écopé de 3 mois de sursis et l’autre batteur, auteur du jet de tam tam à Papa Sow, est sanctionné de 15 ans d’interdiction de stade. Dans la foulée, le CNG a reprogrammé le combat le 29 janvier 2022.

Des scènes de violences dans la lutte ont été monnaie courante cette année et l’arène nationale en a payé le prix fort. En effet, l’édifice, qui a coûté 32 milliards de Fcfa, a souvent été souvent victime d’actes de vandalisme. A l’exemple du gala de lutte organisé par le promoteur Modou Niang, le 11 avril. Le grand combat devait opposer Capitaine Dina de Yoff à Cheikh Super Diamono de l’écurie Mor Fadam. Les fans des deux lutteurs vont détruire de nombreuses chaises. D’après le directeur des infrastructures, Cheikh Ahmed Tidiane Sarr, 213 chaises ont été cassées et ainsi que des toilettes.

« La spirale de violence dans nos stades doit immédiatement cesser »

Les événements survenus au stade Ngalandou Diouf de Rufisque et un jour avant à l’arène nationale ont été la goutte d’eau de trop pour le Chef de l’Etat, qui s’est fendu d’un tweet pour condamner ces agissements. « La spirale de violence dans nos stades doit immédiatement cesser. L’agression physique des personnes et la destruction de biens publics sont intolérables et inacceptables. J’en appelle à la responsabilité de tous ! L’Etat saura, avec fermeté, prendre les siennes », a écrit le Président Macky Sall. Un jour après cette première réaction, le Président de la République a demandé au ministre des Sports lors du conseil des ministres de « prendre les mesures conservatoires nécessaires à la maîtrise systématique du calendrier, de la durée et des activités navétanes ». La suspension des compétitions a été envisagée par Macky Sall qui décrit les Navétanes comme étant « un mouvement à réorganiser ». Le chef de l’Etat a par ailleurs ordonné au ministre des sports de travailler en étroite collaboration avec le ministre de l’intérieur et le mouvement associatif sur la réalisation d’un plan national de lutte contre les violences dans les stades et les terrains de football.

NKN

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