Des missiles antichars Kornet ont été tirés depuis le territoire libanais sur des véhicules dans une base militaire israélienne. Une ambulance a été touchée selon un porte-parole israélien.

Riposte massive

L’armée israélienne a riposté avec un tir massif, une centaine d’obus d’artillerie et des tirs à partir d’hélicoptères de combat et affirme avoir détruit l’immeuble d’où ont été tirés les missiles sur son territoire.

Benyamin Netanyahu résume la situation de son point de vue : pas de blessés, pas même la moindre égratignure de notre côté, proclame-t-il. Le Hezbollah a attaqué et il a échoué.

Tout s’est passé donc très vite dans l’après-midi de ce dimanche. L’armée israélienne a demandé aux habitants des localités frontalières de rester chez eux pendant l’échange de tirs. Une consigne qui n’est plus en vigueur à l’heure actuelle.

Des obus tirés d’Israël dans le village de Maroun Al-Ras (sud du Liban) font ces larges rideaux de fumée, le 1er septembre 2019.REUTERS / Aziz Taher

Renforcement des mesures de sécurité

Le ministre israélien des Affaires étrangères Israël Katz avait menacé ce dimanche matin le Liban de destruction si le Hezbollah mettait en œuvre son plan de représailles en réponse à une attaque de drones contre un site de l’organisation à Beyrouth dimanche dernier.

Alors, retour au calme. En Israël, on estime que l’échange de tirs de part et d’autre de la frontière libanaise est probablement terminé. Mais on souligne que les mesures de sécurité renforcées resteront en place dans les prochains jours.

Les Israéliens s’autocongratulent

Les israéliens se félicitent ce matin du résultat de la confrontation avec le Hezbollah. Partout on souligne qu’elle s’est terminée sans la moindre égratignure côté israélien. Les médias font également état d’une opération de diversion menée par les militaires. L’évacuation héliportée de faux blessés vers un hôpital d’Haïfa, pour donner, selon des experts militaires, une image de victoire aux combattants du Hezbollah. Pour leur faire croire qu’ils avaient atteint leur objectif et mettre un terme à l’affrontement.

Alors, ce matin les commentaires sont unanimes : le résultat de cet incident, peut-être le plus court de l’histoire israélo-libanaise, permet aux deux parties une sortie de crise honorable. Et, comme l’affirme un éditorialiste, le calme est revenu jusqu’à la prochaine fois…


■ Hariri demande l’« intervention » de Paris et Washington

Selon l’armée libanaise, « plus de 40 roquettes et grenades incendiaires » ont été lancées par les Israéliens autour de trois localités, « provoquant des incendies » dans les champs et les vergers, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. C’est la première fois depuis 2006 que l’armée israélienne pilonne le territoire libanais.

Les responsables libanais ont rapidement réagi pour éviter une escalade d’envergure à la frontière méridionale. Le Premier ministre Saad Hariri est entré en contact avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et avec l’ambassadeur Emmanuel Bonne, conseiller du président Emmanuel Macron, pour demander leur intervention afin d’éviter l’escalade. Paris « multiplie les contacts dans la région », a annoncé ce dimanche soir l’Élysée.

Les casques bleus ont aussi renforcé leur présence à la frontière entre les deux pays. Le commandement de la force des Nations unies a intensifié ses contacts avec les parties libanaise et israélienne pour désamorcer la situation et rétablir le calme.

Le dénouement de cette brève confrontation montre que les deux protagonistes ne sont pas prêts à se lancer dans une guerre d’envergure à ce stade. Et les règles d’engagement continuent d’être régies par le principe de la dissuasion réciproque, né de la guerre de 2006.

Rfi

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