QUI GOUVERNE ? 

Il arrive dans la vie d’une Nation que l’intellectuel, orienté par la posture méthodologique qui est la neutralité axiologique ,se pose un certain nombre de questions relevant de la situation de sa patrie à partir les facteurs endogènes à caractère géopolitique et géostratégique ,qui à l’évidence, sapentcarrément la notion d’État au sens Wébérien du terme. 

Dès lors en nous mettant dans une posture analytique et objectivante exempt de toute connotation ou coloration politique, nous allons emprunter le titre révélateur et provocateur d’un livre qu’un éminent politiste en l’occurrence Robert Alan Dahl avait écrit notamment  « QUI GOUVERNE ? »

Actuellement au Sénégal ,le système de gouvernance mis en place depuis la formation de l’actuel gouvernement, est inféodé à une incohérence gouvernementale et une absence manifeste et notoire d’une hiérarchie dans la mise en œuvre des politiques publiques sectorielles. En effet ,un chamboulement total dans l’organigramme gouvernemental est plus que jamais observable. Ainsi la lancinante question Qui gouverne ? est toujours d’ actualité au Sénégal .Ce qui nous permet de constater des faits concrets :des ministres qui  prennent des décisions importantes, impactant profondément  la vie des citoyens, à  8h et les changent à 12h, dévalorisant incontestablement nos institutions ;des ministres qui sortent totalement de leurs domaines de compétences et de leurs prérogatives ministérielles  s’immisçant ainsi  dans la zone de compétence d’un autre ministre avec des erreurs monumentales observable discréditant les feuilles de route et les missions déclinées par le Président pour chaquedépartement ministériel, des faux décrets avec des démentisfaussement argumenté et incompréhensibles aux yeux des sénégalais, des directeurs qui défient publiquement  leurs ministres de tutelle mettant en touche la hiérarchie dans l’administration sénégalaise ,hier appréciée positivement par tous et aujourd’hui galvanisée.

Les dérives et la vacuité intellectuelle des membres du gouvernement ont pris une proportion exponentielle et très inquiétante et risquent de mettre l’État à terre dans les jours à venir.

A qui la faute ?

Le seul acteur et l’unique artisan est le Président de la République et les seuls responsables sont ses ministres. En effet ,les méandres du palais font que, le président de la république, dans l’exercice de ses fonctions, est confronté à des situations compliquées difficilement gérables surtout quand il s’agit de satisfaire une clientèle politique, mais cette pression ne doit nullement l’amener à porter ses choix sur des personnes qui ,à  l’évidence, ne peuvent pas supporter la lourdeur du poids de nos institutions. Ces dernières ont toujours briller à travers l’Afrique et le monde entier par le biais des qualités managériales et l’esprit de leadership des hommes de valeur, qui les incarnaient fièrement. Par conséquent, le ministrable n’est pas forcément le politicien. Celui-ci doit être en mesure de connaître les principes basiques de la gouvernance et comprendre le véritable sens de la République. 

Les ministres, par la boulimie communicationnelle animée par le « m’as tu vu »,ont fini par galvauder systématiquement le construit social imaginaire longtemps respecté : INSTITUTION. A cet effet, ce qui est visible et observable dans ce gouvernement, des ministres et directeurs incapables de mettre un contenu et une orientation stratégique dans les politiques publiques déclinées par le Président de laRépublique. Cette oligarchie, qui représente le symbole vivant de l’obscurantisme dans les idées et agissements, et de l’obstructionisme pour un développement intégré du Sénégal,doit impérativement être remplacée par une équipe gouvernementale compétente et productive dont la seule ambition valable est de voir un Sénégal émergent. 

ET LE CITOYEN SÉNÉGALAIS DANS TOUT ÇA ?

Dans une incertitude et un désespoir profond où l’opposition est devenue aphone et défaillante ,le sénégalais lambda se voit dépouiller de tout son droit et ses pouvoirs. Cette situation amène la majorité des sénégalais à nourrir un sentiment de frustration relative qui peut à tout moment exploser avec des dégâts collatéraux considérables pouvant mettre en berne les institutions de la République.

Le citoyen ,une partie intégrante et importante du capital humain, doit être placé au cœur des politiques publiques et ne doit aussi en aucun cas avoir le sentiment d’être gouverné par trois catégories d’élites  : Élite politiques à la moralité douteuse avec une incompétence caractérisée, une élite maraboutique dont le rôle originel est relégué au second plan,s’occupant uniquement des choses mondaines et superfétatoire en complicité avec des forces obscures et enfin une élite affairiste dans laquelle figure une bonne partie de la communauté libanaise mafieuse ,d’entrepreneurs sénégalais aux agissements capitalistes sans aucun sens du patriotisme et d’hommes d’affaires étrangers avantagés par le régime en place aux détriments nationaux. Ainsi en jetant un regard synoptique, dans l’absolu, c’est le cas qui s’impose . Sous ce rapport, la démarche sinueuse et fractionniste du gouvernement ne rassure guère le sénégalais et  peut le basculer dans une position de révolte et de défiance. Face à tous ces manquements, le citoyen sénégalais ressent uneabsence d’un Etat droit avec des institutions fortes animées par des hommes puissamment armés d’idées novatrices et d’initiatives patriotique calquées dans le temps et dans l’espace pour répondre aux exigences du contexte. 

QUELLE SOLUTION 

Le Président de République doit remplir pleinement sa mission et assumer sa responsabilité. Le Sénégal ne souffre pas d’hommes compétents ayant le sens du patriotisme et de l’engagement citoyen. De ce point de vue ,il doit impérativement revoir son gouvernement. Donc un remaniement est imminent, pressant et urgent !

Le Président de la république doit se départir de son entourage toxique, qui est l’artisan de cette impasse où il se trouveesseulé présentement . Avec la pandémie, le Sénégal, s’il n’est pas bien gouverné avec des managers qui ne souffrent  d’aucune carence en leadership, peut se basculer dans un marasme économique sans précédent. La pandémie a révélé que plusieurs ministères n’ont aucune utilité publique. Dès lors il va falloir se passer de ses institutions budgétivores et redéfinir les priorités gouvernementales. Les priorités :1) Relance de l’économie agricole avec l’annulation progressive des subventions des intrants au grand bonheur des paysans .Ce mécanisme inefficace avec ses niches de corruption et de détournements d’objectifs , appauvrit systématiquement les paysans .La modernisation de l’agriculture par la formation et la capacitation des paysans dans une démarche collaborative et participative avec le monde paysan. 2) Une diplomatie rayonnante fédératrice des forces africaines pour une annulation ne serait-ce que partielle de la dette publique africaine. 3) Donner un nouveau souffle à nos institutions jusque-là étouffées par des incompétents. 4) Renégocier les mauvais contrats dans le secteur de la pêche qui font perdre le Sénégal 150 milliards par année 

Intégrer davantage la jeunesse dans le processus décisionnel et de gestion gouvernementale. En conclusion, un Sénégal émergent dans une Afrique unie est bien possible mais à condition qu’il ait une alternative générationnelle et catégorielle au grand bonheur des sénégalais

                                               Alioune Diaw doctorant en Science Politique à l’UCAD

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here