La vente des cadeaux de Noël, ce business jadis permettait aux vendeurs de faire un bon chiffre d’affaires en cette période de fin d’année. Mais la situation n’est plus comme avant. Le constat de cette année est que les clients se font rares à cause d’une crise économique accentuée par la pandémie du Covid-19 qui marque toujours son empreinte au Sénégal. Face à cette situation, les vendeurs, eux aussi, ont eu du mal, beaucoup de mal à écouler leurs produits. Seneweb était parti à leur rencontre à la veille de Noël.

A 5 heures de la célébration de Noël, l’ambiance n’était pas des plus mouvementés au marché Centenaire de Dakar. Des cadeaux pour adultes et enfants, il n’en manque pas, cependant, la cherté des produits couplée à un manque de moyen retenait encore beaucoup de personnes qui souhaitaient acheter un cadeau de fin d’année à leurs proches.
Jouets, jeux de lumières feu d’artifices… entre autres, tout est exposé par terre sur les allées du marché centenaire pour attirer l’attention des clients qui malheureusement se font rares. Ici, peu de clients sont trouvés sur places, l’ambiance n’est pas au rendez-vous comme à l’accoutumée.
Trouvée seule sur sa place, Fatou Bass propose aux clients des jouets pour enfants. Mais la jeune femme peine à voir des acheteurs. »Je vends des cadeaux de Noël pour enfants. Je suis partie jusqu’à Sandaga pour acheter ça. C’est très cher, pire encore, je peine à voir les clients. C’est très difficile pour nous les vendeurs. Les clients veulent satisfaire leurs enfants mais, faute de moyens, ils n’y arrivent plus. Parfois ils viennent pour acheter mais dès que tu leur dis le prix, ils repartent sans rien acheter. Actuellement, je me débrouille avec les moyens du bord mais c’est très difficile quand même. Rien ne marche et j’ai acheté les marchandises très chères », se désole-t-elle.
Le constat reste le même chez sa voisine Bineta Lam, vendeuse de cadeaux elle aussi. « C’est difficile, on peine vraiment à écouler nos produits. Je vends tous genres de cadeaux mais ça bouge pas. On dirait que les gens n’achètent plus de cadeaux comme ça se faisait avant. Peut-être que la vie est devenue si chère que les gens se soucient de quoi manger d’abord, au lieu de s’adonner à l’achat des cadeaux », dit-elle. 
Contrairement à ces deux femmes, Serigne Cheikh Guèye, lui, accueille des clients. Devant sa belle exposition de jouets se trouvent 5 clients qui marchandent. Son business marche à merveille en ce moment.
« Pour certains ça ne bouge pas mais chez moi, ça marche. Je remercie le bon Dieu. Malgré tout, j’accueille des clients. Le seul problème est que j’ai acheté les marchandises très chères. Pour revendre ça, je suis obligé d’augmenter le prix pour m’en sortir. Ce que certains clients ne comprennent pas, ils pensent que c’est nous qui augmentons les prix, mais tel n’est pas le cas. Ça vient de ceux qui nous vendent les produits. On n’y peut rien », explique-t-il.
Sur place, Madame Fall, une des clientes venue pour acheter des cadeaux à ses enfants trouve que les prix sont abordables.  » Pourtant les prix sont abordables. Tant qu’on peut marchander les prix, ça va. En plus c’est pas des prix fixes. Chacun peut venir acheter par rapport à son pouvoir d’achat. Mais malheureusement, il n’y a pas assez d’argent. Beaucoup de parents veulent acheter des cadeaux de fin d’année à leurs enfants mais c’est difficile », rétorque-t-elle.A quelque mètres de-là, Monsieur Ndiaye, accompagnés de ses trois enfants ne partage pas l’avis de Madame Fall qui juge les prix abordables. Trouvé en pleine discussion avec le vendeur, le monsieur marchande trois jouets qu’il veut offrir à ses enfants qui ont tous obtenu de très bonnes notes à l’école, mais le prix le retient encore sur place.
« Je suis venu acheter des cadeaux pour récompenser mes enfants, mais là, je peine encore à avoir ce qu’ils veulent. Les jouets sont intouchables à cause de la cherté des prix. Je marchande les prix d’un ordinateur, d’une poupée et d’une voiture pour mes enfants mais c’est très cher. On n’a toujours pas trouvé un terrain d’entente sur les prix. Il faut que les vendeurs nous aident aussi parce que les enfants nous exigent des cadeaux de fin d’année, il n’y a pas assez d’argent et c’est très difficile par exemple chez les parents qui ont, trois à quatre enfants. Il faut qu’ils nous comprennent sur ce point », lance-t-il.
Cette année, le business des vendeurs de cadeaux de Noël a été fortement perturbé par une crise économique sans précédent, accentuée par le Covid-19. Faute de moyens, les parents peinent à satisfaire leurs enfants. De l’autre côté également, les vendeurs se plaignent de la cherté des marchandises. 

NKN

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