15 ans de réclusion criminelle ! C’est la peine que risque Aïda Mbacké, née le 5 septembre 1985 pour avoir tué son mari Khadim Diop dans leur domicile sis aux Maristes. Jugée ce mercredi 03 novembre 2021 à la Chambre criminelle de Dakar pour homicide volontaire avec préméditation, elle sera édifiée sur son sort le 17 novembre prochain.

Vêtue d’un boubou traditionnel de couleur jaune avec un foulard sur la tête, Aïda Mbacké présente une bonne mine pour quelqu’un qui risque de passer une bonne partie de sa vie en prison. 

Son affaire a été enfin jugée ce mercredi 03 novembre par la Chambre criminelle de Dakar après plusieurs renvois. On se rappelle tous de l’histoire de la dame qui avait brûlé vif son époux dans un appartement situé au quartier des Maristes. 

Revenant aux faits, l’accusé et son défunt mari avaient une relation tendue. L’enquête a révélé qu’ils vivaient des moments difficiles liés à des questions de jalousie. Un jour, elle a entendu une conversation téléphonique de son mari. Elle lui demande avec qui elle discutait et le mari lui rétorque que c’était une vieille dame qui le considère comme son fils. 

Aïda Mbacké qui aura le culot de visiter la page Facebook de la dame, apprendra avec surprise qu’il s’agissait d’une dame. Cette dernière du nom de Khadija lui avoue que son mari avait une autre épouse qui vit en Italie avec ses deux enfants. Le jour des faits, compte tenu de son état de grossesse très avancé, elle a essayé de parler avec son époux en vain. 

Affectée par la situation, elle a ressenti des douleurs au niveau du ventre. Par la suite, elle a pris rendez-vous avec sa sage-femme. À son retour, elle a encore abordé le sujet avec son mari, mais ce sera peine perdue. Dépitée, elle a décidé de mettre fin à sa vie et à celle de son mari. Elle va ainsi saisir un liquide inflammable qu’elle aspergera dans toute la chambre et sur le lit, avant d’activer le briquet, la suite est connue. Ils seront été tous les deux évacués à l’hôpital. Le mari rendra l’âme quelques jours après.  

 « J’aime toujours mon mari »

Interrogée sur les faits qui lui sont reprochés, l’ancienne secrétaire et mère de deux enfants a commencé par nier les faits. Elle déclare que son mari avait changé de comportement envers elle lors de sa grossesse. Son mari ne lui prêtait pas une oreille attentive. À l’en croire, elle n’avait pas l’intention de tuer son mari. « J’aime toujours mon mari. Nous avons vécu 6 ans de mariage. Khadim était un frère et un confident. Je n’ai jamais souhaité sa mort. J’étais sous l’emprise de la jalousie », dira-t-elle en sanglots. 

Témoin dans cette affaire, Rose Mendy, qui logeait en face de l’appartement de l’accusé, avoue avoir aperçu une personne en flamme en train de courir pour se sauver. « Lorsque j’ai interrogé la dame, elle m’a répondu que Khadim voulait la tuer. Par la suite, je suis allée sauver l’enfant. Mais Khadim m’a dit que c’est Aïda qui lui a fait ça », a-t-elle déclaré. 

Quant à l’autre témoin Moustapha Diop, il affirme avoir entendu des cris, mais il croyait que c’était un enfant que ses parents étaient en train de corriger.  

Lors de son réquisitoire, l’avocat général a fait savoir que le liquide dont fait état Aïda Mbacké n’était pas inflammable et ça était confirmé par le témoin. « Je pense qu’il y avait une bouteille sur les lieux avant les faits. Qui l’a posé là-bas ? Je ne sais pas. Mais en prenant la bouteille elle savait qu’elle pouvait tuer son mari. Certes, elle est blessée, mais ses blessures  sont plus sévères que celles de son mari. La préméditation me paraît assez fragile. En aspergeant le liquide alors que son mari était sur le point de s’endormir, elle n’avait autre intention que celle de donner la mort. C’est un crime passionnel », dit le procureur avant de préciser qu’on ne peut pas tirer une conclusion en disant qu’elle a agi par jalousie, ce qui justifierait l’acte qu’elle a posé. 

Pour le maître des poursuites, Aïda, vu tout ce qu’elle a subi et compte tenu de son état, a été manipulée par une force invisible qui l’a poussé à commettre cet acte. « Elle n’a pas agi avec discernement parce qu’elle-même pouvait mourir. C’est des faits extrêmement douloureux. Si c’était à refaire, elle ne l’aurait jamais fait », a laissé entendre l’avocat général. 

Suffisant pour lui de demander que l’assassinat soit écarté et de la déclarer coupable de meurtre sanctionné par une peine d’emprisonnement de 15 ans de réclusion criminelle. 

La défense demande la disqualification des faits en coup mortel ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le jugement sera rendu le 17 novembre prochain…

NKN

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