Un drame est survenu dans la nuit du vendredi au samedi à Hann Bel-Air. Une partie d’un immeuble R+2 s’est effondré, causant un lourd bilan humain. Six (6) corps sans vie et 6 blessés ont été dénombrés. Le bâtiment qui menaçait ruine a été libéré et les occupants recasés, pour le moment, au Centre Guinddi. Quarante-huit heures après l’incident, L’Observateur a rencontré les sinistrés. 

Sa peine est de loin perceptible. Entre les quatre murs du centre Guinddi, Fatoumata Bâ est toujours sous le choc. Elle fait partie des victimes de l’effondrement d’un immeuble survenu dans la nuit du vendredi au samedi dernier, à Hann Bel-Air. Dans le bureau de la directrice du centre, Madame Maïmouna Baldé, les sinistrés ont retracé le film du drame. Guinéenne de nationalité, mère de 3 enfants et commerçante, Fatoumata affiche une mine affligée. Le regard hagard, elle a du mal à contenir son émotion. Emmitouflée dans un grand boubou jaune, le foulard posé sur la tête, Fatoumata étale son angoisse. « J’étais locataire dans cet immeuble depuis 11 ans avec mon époux et nos enfants. C’est un immeuble R+2, composé de 4 appartements. Le bâtiment appartient à un dénommé Samba Gueye qui vit avec sa famille dans l’un des logements. La maison menaçait ruine. Mais il réfectionnait souvent les fissures des murs. Seulement, dans la nuit du vendredi au samedi passé, vers 4 heures, on a entendu un grand bruit à côté, alors que je dormais avec mon mari au premier étage. Brusquement, on est monté sur la terrasse pour nous enquérir de la situation. Et, on a constaté qu’une partie de la dalle de l’appartement du propriétaire s’est effondrée. C’était le sauve-qui-peut. Les occupants du bâtiment se bousculaient dans les escaliers pour quitter les lieux.» Aujourd’hui, relogés temporairement au centre Guinddi, Fatoumata et les siens pansent leurs plaies. Au chevet des sinistrés, le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de la Femme, de la Famille, du Genre et de la protection des enfants, est venu en aide aux victimes de l’effondrement. Quatre (4) familles qu’abritait l’immeuble ont été prises en charge. Elles sont logées, pour le moment, au Centre d’accueil, d’information et d’orientation. Dans ce centre sis au Front de Terre et qui accueille les enfants en situation difficile, Fatoumata et sa famille se remettent de leur grosse frayeur qui aurait pu leur être fatale. Même si, se remémore Fatoumata, l’immeuble n’en était pas à son premier affaissement. Le souffle haché, Fatoumata se souvient : «Un jour, une partie de la dalle de notre appartement s’était affaissée sans faire de dégât. Et, le vieux avait réfectionné. Pour nous, le compartiment occupé par la famille Gueye était le plus sûr de tout l’immeuble. Malheureusement, c’est là-bas que le drame a eu lieu.» En plein sommeil, la dalle s’est effondrée sur la famille Gueye et a occasionné 6 morts. Il s’agit de la dame Ndèye Fama Gueye, Fama Wilane, Rama Diop, Fadel Gueye, Baye Samba Gueye, Ousseynou Niang et un enfant de 5 ans. Des pertes dont Fatoumata a du mal à se remettre. Elle hoquète : «C’est vraiment douloureux. Parce qu’on a cohabité plus de 10 ans. Mais on s’en remet à la volonté divine.» Tout comme Fatoumata, Aïssatou Souaré loge également au centre. Parler du drame revient à lui faire ressasser les pires moments de sa vie. La voix nouée par l’amertume et la douleur, cette mère de famille qui a survécu au drame, narre : «J’ai échappé de justesse à la mort. Car mon appartement est mitoyen à celui du vieux Samba. Et, il était en état de dégradation très avancé. Le toit était totalement fissuré. Mais on le réfectionnait à chaque fois. Aujourd’hui, on s’en remet à Dieu. Depuis l’incident je n’arrive plus à dormir. Je suis encore sous le choc. Heureusement, le père de famille qui est sur une chaise roulante a survécu.» Aïssatou n’en dira pas plus. Sous le coup de l’émotion, elle craque, avant de se lever pour dissimuler ses larmes dans une des pièces qui les accueille au centre Guinddi.  

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