Huit ans après le début de la guerre, la Syrie, soumise à des sanctions européennes et internationales, traverse une grave crise économique et financière. La livre syrienne est tombée, ce mardi 3 décembre, à son plus bas cours au marché noir : 1 000 livres pour un dollar américain, alors que le taux officiel affiché sur le site de la Banque centrale de Syrie est de 434 livres.

De notre correspondant à Beyrouth,

Ces dernières années, le Liban était devenu le poumon économique de la Syrie. Les hommes d’affaires syriens utilisaient les banques libanaises pour contourner les sanctions qui ont sorti le secteur bancaire syrien du circuit financier international. Ils ont placé dans les banques libanaises des milliards de dollars qui leur permettaient d’effectuer des transactions commerciales et d’importer de nombreux produits qui étaient réexpédiés dans leur pays.

C’est aussi par les banques libanaises que transitait une partie des fonds envoyés par les expatriés syriens à leurs familles restées au pays. Depuis début novembre, les banques libanaises ont imposé des restrictions strictes rationnant les retraits en dollars. Les transferts de fonds vers l’étranger sont réduits à de petites sommes et les retraits en liquide aux guichets ou aux ATM sont limités.

Les transferts de devises très impactés par la crise libanaise

Les centaines de milliers de Syriens travaillant au Liban constituaient une source d’approvisionnement importante en billet vert du marché syrien. Ces flux ont drastiquement baissé depuis le début de la contestation le 17 octobre, augmentant la demande sur le dollar en Syrie, et provoquant la chute de la valeur de la livre syrienne. C’est exactement le même scénario qui s’est produit au Liban.

La pénurie de dollars a des répercussions sur l’importation de produits divers. Les importations de produits de première nécessité, comme l’essence, la farine et les médicaments vont inévitablement baisser au Liban. Une partie de ces produits étaient introduits légalement en Syrie et une autre partie était passée en contrebande.

Ces mouvements légaux ou illégaux vers la Syrie ont automatiquement baissé, provoquant des pénuries, et, par conséquent, une hausse des prix et une érosion du pouvoir d’achat des Syriens. Les Libanais sont logés à la même enseigne.

rfi

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