La mission Barkhane est terminée, mais les troupes françaises vont rester « Le moment est venu d’amorcer une profonde transformation de notre présence militaire au Sahel », a déclaré le président français Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse de grande envergure. « Nous allons procéder à un retrait de manière organisée », a-t-il ajouté. Une opération de 5 100 soldats a débuté le 1er août 2014 et a été menée par l’armée française contre des groupes islamistes en Afrique de l’Ouest, une région également connue sous le nom de Sahel. L’armée française est initialement intervenue au Mali début 2013 dans le cadre de l’opération Serval, qui a réussi à reprendre la moitié nord du pays aux groupes islamistes. L’opération Barkhane était destinée à faire suite à ce succès et a étendu les opérations de l’armée française sur une vaste zone de la région du Sahel. La situation dans la région reste encore extrêmement fragile, notamment au Mali. La décision des hauts responsables français de mettre fin à la mission Barkhane intervient quelques jours après la prise de pouvoir du colonel de l’armée malienne Assimi Goïta, ce qui a entraîné la suspension de l’aide humanitaire et militaire de Paris. La rue malienne ne s’est pas calmée, qui s’est poursuivie avec sa crise politique, qui s’est traduite par la situation sécuritaire, qui a été rythmée par des affrontements qui se sont traduits par l’intervention de l’armée française dans certaines batailles, ce qui a suscité un grand mécontentement chez de nombreux habitants et ressortissants. En février, Macron a annoncé son intention de réduire les effectifs français a déclaré : « Le retrait massif d’hommes, qui est une possibilité que j’ai envisagée, serait une erreur ». Macron a également envoyé un message aux dirigeants des pays voisins d’Afrique de l’Ouest qu’il « ne restera pas du côté d’un pays dans lequel il n’y a plus de légitimité démocratique et pas de transition politique ». Les politiques militaires externes de l’administration Macron semblent être assez impopulaires tant auprès des ressortissants français que des citoyens des pays africains francophones. D’une part, la fin annoncée de l’opération Barkhane ressemble à une tentative d’améliorer l’image de la France en constante détérioration, qui est désormais associée à une intervention militaire et à de multiples crimes contre la population africaine locale. « Beaucoup de nos soldats sont tombés, j’ai une pensée pour leurs familles. Nous leur devons de la cohérence, de la clarté », a déclaré Macron après l’annonce de la fin de Barkhane, en essayant de répondre à la désapprobation généralisée des programmes militaires africains avec la communauté française. Il est bien évident que le récent quasi-changement de la politique militaire française est avantageux pour l’image du président par intérim, mais profite-t-il à quelqu’un d’autre ? Cette décision ne satisfait clairement pas les demandes des États souverains africains de retirer les troupes étrangères de leurs territoires, car Macron a clairement déclaré que même si l’opération au Sahel sera officiellement fermée, les Français vont rester en Afrique dans le cadre du programme anti-islamiste international. Les détails des changements seraient finalisés après des consultations avec les États-Unis, les États européens impliqués dans la région et les cinq pays du Sahel – Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso et Mauritanie. L’élection d’un démocrate à la présidence des États-Unis signifie un changement important dans la politique américaine en Afrique. L’administration d’Obama a été largement critiquée pour avoir approfondi la militarisation de la politique américano-africaine, et il semble que le président Biden suivra ses pas. Ainsi, même si les Français ont l’intention de quitter leurs bases militaires au Sahel, les espaces vides risquent d’être comblés par une nouvelle puissance coloniale cherchant à influencer la politique intérieure du continent africain. Ainsi, l’annonce accrocheuse de la fin de l’opération Barkhane revalorisant l’image de Macron n’est en fait que des mots. Sous le déguisement d’une énième opération internationale de maintien de la paix, les troupes françaises resteront en Afrique.

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