Seynabou Hann, Pape Assane Guèye et Pape Doudou Diallo sont poursuivis respectivement pour extorsion de fonds, atteinte à la vie privée et usurpation de fonction au préjudice du commerçant Moustapha Gadiaga. 

Attraits, ce 23 novembre, à la barre de la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Dakar, les prévenus sont accusés d’avoir extorqué 2 millions Fcfa au plaignant et partagé des audios et images à caractère personnel.

À l’audience suivie par Dakaractu, les mis en cause ont tous nié les faits qui leur sont reprochés. Seynabou Hann, ex copine du plaignant a soutenu n’être mêlé ni de près ni de loin dans cette affaire liée à du chantage ayant abouti à l’extorsion de fonds.

« Moustapha est commerçant, on sortait ensemble. C’est Pape Assane Guèye qui le faisait chanter en lui transférant ses messages audios obscènes qu’il prenait de mon téléphone. Je ne savais même pas qu’il usait de mon téléphone pour cela. Je ne suis au courant de rien », a expliqué la jeune demoiselle. Interpellé sur ses liens avec le sieur Pape Assane Guèye et sur sa part de la somme depouillée au commerçant, elle dira que celui-ci était aussi son amant lorsqu’elle entretenait une relation amoureuse avec le plaignant au mois de juillet.

« Il avait accès à mon téléphone parce qu’il est mon petit ami. Pour les 2 millions de Fcfa par contre je n’ai jamais pris un sou  de cet argent », a-t-elle confié devant la barre.

Dans son interrogatoire, Pape Assane Guèye a expliqué n’avoir jamais eu l’intention de porter atteinte à la vie du plaignant.

« Seynabou est venue me dire que Moustapha la harcelait, je lui ai fait croire que j’étais un de ses frères en lui soumettant ses propres messages qu’il a eu à envoyer à cette dernière pour qu’il arrête de lui tourner autour. Je n’ai jamais partagé les données je cherchais juste à lui faire peur pour qu’il laisse Seynabou en paix », a-t-il dit à l’audience.

Invité à s’expliquer sur la manière dont il s’est procuré les données personnelles du sieur Gadiaga, le prévenu a confié que c’est Seynabou qui lui a donné son téléphone.

« Les images et audios je les ai eus par WhatsApp, je les ai transférés du téléphone de Seynabou alors qu’elle était présente », s’est-il justifié.

Prévenu également dans cette affaire d’extorsion et d’atteinte à la vie privée d’autrui mais aussi d’usurpation de fonction, Pape Doudou Diallo a relaté être victime de sa générosité.

« Pape Assane est venu m’emprunter mon téléphone pour émettre un appel. Il m’a par la suite fait savoir qu’un gars devait lui envoyer de l’argent », a dit le mis en cause. « Pourquoi vous avez fait croire à Moustapha Gadiaga que vous êtes commandant ? », lui a demandé le juge mais le prevenu est resté stupéfait.

« Qui? Moi! Je n’ai jamais dit à quiconque que j’étais commandant. Les enquêteurs m’ont appelé pour cela. Je ne connais pas Moustapha et je ne l’ai jamais vu. J’ai juste prêté mon téléphone à Pape Assane qui a émis avec un appel », insiste le mis en cause.
Pape Assane Guèye qui a été mis devant le fait accompli fera savoir que  Moustapha Gadiaga l’a menacé et bloqué c’est pourquoi il l’a appelé à partir d’un autre téléphone.

« Entre moi et Moustapha c’est le commerce qui nous lie. Je lui ai vendu des téléphones et jusqu’ici il ne m’a pas payé. Il me devait de l’argent et d’ailleurs on nous a jamais confronté à la police centrale où j’ai été incarcéré. Les transferts Wave qu’il m’a fait n’avoisine pas le million, il me doit encore de l’argent », s’est justifié le mis en cause.

Dans son réquisitoire, le parquet a relevé la culpabilité des prévenus Seynabou Hann et Pape Assane Guèye. Il a invité le juge à les condamner et leur appliquer la peine qui plaira à la cour.

« Les faits apour lesquels ils sont poursuivis ne souffrent d’aucun doute. L’enregistrement et la captation d’une vidéo est réprimé par le code pénal et c’est ce qui est visé ici et ce qui prouve qu’ils sont coupables », a révélé le ministère public.

Pour la défense, la seule atteinte qui peut être extraite dans ces faits, c’est qu’il y’a un amoureux éconduit mais il n’y a ni extorsion de fonds, ni atteinte à la vie privée du plaignant.

« Il n’y pas d’infraction, il n’y a pas d’image obscène. C’est pourquoi, nous demandons la relaxe des prévenus. Quant à Pape Doudou Diallo, il est victime de sa générosité et ce fait ne suffit pas pour l’impliquer du délit d’usurpation de fonction. Nous demandons de le renvoyer des fins de la poursuite à défaut de le relaxer purement et simplement », a plaidé les conseils de trois (3) prévenus.

L’affaire a été mise en délibéré au 30 novembre prochain…

NKN

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