lundi, 8 août, 2022
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Escroquerie : El Hadj Idrissa Sow fait la cour à sa victime, lui soutire 22 millions FCFA pour un chantier qui ne sera jamais livré.

par Sunugalnews.com

C’est une affaire d’escroquerie au préjudice de la victime Oumou Kalsoum Diallo qui a été jugée, ce 20 décembre, aux flagrants délits du tribunal de grande instance de Dakar. En effet, la plaignante dans ce dossier accuse le sieur El Hadj Idrissa Sow de lui avoir soutiré 22 millions Fcfa pour la construction d’une villa qui n’a jamais été livré.

Devant la barre, elle a expliqué que le prévenu a usé de manœuvres frauduleuses pour gagner sa confiance.
« Je lui ai donné le chantier parce que j’avais confiance en lui. Il m’a montré des papiers de son entreprise confirmant qu’il s’active dans le bâtiment avec un chiffre d’affaires de plus de 40 millions Fcfa. Il m’a également assuré qu’il vendait des terrains et m’a montré plus de 11 parcelles. Il m’a, d’ailleurs, amené jusqu’au Lac Rose pour justement me prouver qu’il mérite que je lui confie mon chantier pour sa construction », a expliqué face au juge, Oumou Kalsoum Diallo.

Interpellée sur le montant versé au prévenu, elle dira avoir versé différentes sommes qui globalement feront 22 millions FCFA.

« Je lui ai donné 15 millions Fcfa pour entamer le chantier et il devait me remettre les clefs depuis mai. Je lui ai par la suite donné le complément des 22 millions FCFA », a-t-elle soutenu.

La villa qui devait être construite sur 3 niveaux en plus du rez-de-chaussée, ne sera jamais finalisée, alors que la date de réception était prévue au mois de mai.
« Quand j’ai constaté qu’il n’était pas sérieux dans ce qu’il faisait, j’ai porté plainte. Il a lui-même arrêté le chantier avant de me présenter une facture où il mentionne avoir mis 18 millions Fcfa dans le chantier, ce qui n’est pas vrai », s’est offusquée la plaignante.

Pour sa part, le prévenu El Hadj Idrissa Sow a nié les faits d’escroquerie qui lui sont reprochés, mais reconnaît avoir accusé du retard dans la livraison du chantier pour cause de  pandémie liée à la Covid-19.
« J’ai été atteint de la maladie », s’est-il justifié attestant de sa qualité d’ingénieur œuvrant dans le BTP.

« Jai des papiers légaux pour travailler dans le bâtiment. J’ai effectué une expertise qu’elle a réfuté lorsqu’elle m’a instruit d’arrêter les travaux », a expliqué le mis en cause qui justifie les dépenses faramineuses pour la réalisation de la villa.

« Elle m’a instruit de lui bâtir 3 niveaux et le rez-de-chaussée. La fondation a été très coûteuse car il y’a eu une allusion sur le terrain après qu’on a entamé le déblaiement. C’était difficile de réaliser la fondation, cela a coûté énormément », a confié le sieur Sow.

Dans son réquisitoire, le parquet a relevé dans la démarche du prévenu,  le recours à des manœuvres frauduleuses et sa fausse qualité d’ingénieur pour arriver à ses fins.

« Il a créé un environnement lui permettant de berner sa victime. Il a ouvert une entreprise de mise en confiance en plus de l’ouverture d’un compte bancaire pour gagner la confiance de la plaignante. Il y a suffisamment d’indices qui attestent du délit d’escroquerie, c’est pourquoi je plaide qu’il soit déclaré coupable », a dit le procureur général. Il a requis 6 mois ferme d’emprisonnement à son encontre.

La partie civile assurée par Me Bamba Cissé a abordé dans le même sens confirmant la culpabilité du mis en cause.

« Le sieur Sow a profité de la situation d’une femme en détresse pour conquérir le cœur de cette dame. Il a berné ma cliente victime de divorce qui s’est retrouvée seule. Il l’a trompé en utilisant une dizaine de marchés et au moins une dizaine de parcelles. On est sur le terrain de la fausse qualité, l’accusé est le prototype du parfait escroc parce qu’il ne tremble pas », a soutenu la robe noire. 

Selon lui, le délit d’escroquerie est constant.
« Même si vous estimez qu’il n’y a pas escroquerie, il y’a abus de confiance et je crois d’ailleurs qu’il y’a cumul des deux (2) », a-t-il dit. Le conseil a toutefois invité la cour à déclarer le sieur Sow coupable et a réclamé la somme de 60 millions Fcfa au titre de dommages et intérêts au préjudice de sa cliente.

Quant à la défense, elle a tout bonnement rejeté les accusations portées à l’endroit de son client.

« Me Bamba Cissé a essayé de masquer les faits en l’espèce. On a essayé par n’importe quelle coloration de nous faire croire que le sieur Sow est un escroc. Pour ouvrir une société, les règles établies sont claires. On ne demande jamais à quelqu’un ses qualités ça n’existe nulle part. Il a en bon et du forme ouvert une société en BTP. De la même manière, on ne demande jamais la qualité en ouvrant un compte bancaire. C’est chercher à déplacer le débat. Où est dans ce débat la fausse qualité, l’entreprise existe bel et bien », a défendu l’avocat qui parle d’anomalies dans les engagements du contrat liant son client à la plaignante.

« Pour la réalisation du chantier, la dame a versé un acompte de 20 millions Fcfa. Un retard sur l’exécution d’un contrat peut arriver à tout le monde et le sieur Sow ne l’a pas contesté. Le retard est justifié mais dire qu’il est un escroc ne tient pas. C’est une affaire purement civile, il n’y a ni escroquerie ni abus de confiance.

La dame a demandé un remboursement mais comment rembourser s’il n’y pas évaluation  des travaux parce que El Hadji Idrissa Sow a présenté une expertise à la dame qui l’a contestée alors il attendait une expertise indépendante car il croit qu’il a effectué des travaux qui ont coûté plus que ce que pense la plaignante », a clarifié la robe noire.

Il a plaidé pour une requalification du délit d’escroquerie en abus de confiance et a invité le juge à une application bienveillante de la loi tout en jugeant exagéré le montant de 60 millions Fcfa en guise de dommages-intérêts.

Dans son verdict, le tribunal a déclaré le prévenu coupable du délit d’escroquerie et au paiement de 20 millions Fcfa en guise de dommages et intérêts…

NKN

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