jeudi, 29 septembre, 2022
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EL HADJ BABACAR KEBE dit Ndiouga
13 Mars 1984-13 Mars 2022
38 années déjà, et toujours dans les mémoires et les cœurs de beaucoup de ses compatriotes.

par Sunugalnews.com

NDIOUGA KEBE:UNE VIE DÉDIÉE À LA SOLIDARITÉ HUMAINE.

EL HADJ BABACAR KEBE dit Ndiouga
13 Mars 1984-13 Mars 2022
38 années déjà, et toujours dans les mémoires et les cœurs de beaucoup de ses compatriotes.


UNE VIE DÉDIÉE À LA SOLIDARITÉ HUMAINE.

Lorsque la fortune lui a souri,El Hadj Babacar KÉBÉ dit Ndiouga s’est révélé à ses concitoyens et autres contemporains d’Afrique et d’ailleurs comme un philanthrope d’une grande générosité,mais en vérité,ceux qui le connaissaient bien savaient qu’il avait toujours été animé par un esprit altruiste d’une dimension rare.Finalement,c’est toute la vie de Ndiouga KEBE -pas seulement la tranche vécue en tant que milliardaire-qui sonne comme un long et formidable hymne à la solidarité,avec des couplets et refrains tous aussi beaux les uns que les autres.J’en veux pour preuves deux récits dont l’un se situe au début de sa vie de jeune adolescent, et l’autre dans les derniers instants de sa

vie.

UN PRÉCOCE BIENFAITEUR.

Le premier récit nous vient de son cadet immédiat Aliou KEBE-qui nous a quittés en Mars 2013 à l’âge de 95 ans-qui était le seul témoin de la scène qu’il nous a rapportée et qui s’était déroulée un soir où soufflait un vent glacial dans les vastes champs de leur père sis derrière KAOLACK dans une localité dite KONGOLI(distante de 9 km de KAOLACK et de 4 km de KAHÔNE).Leur père leur avait confié la garde d’une partie de la récolte encore entreposée dans le champ.Il ne faisait pas encore nuit lorsqu’ils se blottirent tous les deux dans cette unique couverture pour se protéger du froid.Quelques brefs temps après ils entendirent un bruit bizarre.Soulevant la couverture,le jeune Ndiouga croisa le regard ahuri d’une femme rachitique portant son bébé.Elle semblait perdue et devait être à la recherche de quoi se nourrir et alimenter le petit bout d’être dans ses bras.Elle avait pour tout vêtement une tunique de fortune rapiécée en sisal-confectionnée très sommairement avec les restes d’un sac qui avait dû contenir préalablement des céréales-qui ne lui arrivait même pas aux genoux.Devant l’effroyable dénuement de ces deux faibles créatures quasi-dénudées,il ressentit une si forte désolation et une si immense pitié que son sang ne fit qu’un tour!Il ne les regarda pas une seconde fois.Il baissa les yeux,arracha d’un geste vigoureux la couverture qui enveloppait encore son jeune frère Aliou, et la jeta vers cette pauvre dame qui n’en espérait certainement pas autant de son vis à vis.Papa Aliou nous révéla qu’il n’avait jamais eu autant froid que ce soir là et ceux qui suivirent,et ne pût pas ne pas en vouloir un peu à son frère aîné.

UNE BIENVEILLANCE AU DELÀ DES ÊTRES HUMAINS.

Cette généreuse solidarité allait au delà des êtres humains, et s’étendait mêmes aux animaux.Je suis persuadé qu’il connaissait bien l’esprit et la lettre du Hadith d’où est tiré le passage ci-après:
….Ils dirent : « O Messager d’Allah! Avons-nous donc un salaire pour nos bonnes actions envers les animaux ? » Il dit : « Vous serez rétribués pour avoir fait du bien à tout être vivant. » [Bukhari et Muslim, riyad as-salihin n°126]
Les phrases qu’il avait souvent prononcées les jours précédents-et qu’il aurait répétées le matin fatidique du mardi 13 mars 1984 avant que ne survienne le malheureux accident qui emporta sa vie suffisent comme preuves.L’hivernage précédent avait été très peu pluvieux,les récoltes très maigres et la période de soudure s’annonçait très longue et difficile parce que l’épuisement des réserves des greniers était particulièrement prématurée.Le contexte étant décrit,venons en maintenant à ses ultimes propos rapportés par ses compagnons de route qui avaient survécu-Modou GUEYE,décédé quelques années après,et le chauffeur Cheikh SAMB,qui avait ensuite émigré aux États Unis où il vécut pendant de nombreuses années avant de venir s’installer à TOUBA où il termina sa vie il n’y a pas très longtemps-: «Jélëlé naa doomi Adama yi,waayé jur gi sax bu ñu narèè dèè ndax xiif,sama alal du ko fékké »,ce qui signifie à peu près ceci: « Je vais au delà des êtres humains,je ne laisserai pas les animaux mourir de faim tant qu’il me sera possible financièrement de les assister ».Des propos qui sonnent comme une dernière volonté d’un homme au grand coeur qui aura consacré l’essentiel de son utile passage ici-bas et des ressources dont Le Seigneur Miséricordieux l’avait dotées au service de tous les êtres-sans distinction de race ou de réligion-qui avaient eu la chance de croiser son chemin.Je me souviendrai toujours de ce passage de l’hommage que l’avocat Mame Bassine NIANG-à présent disparue elle aussi-lui avait rendu,le lendemain de son rappel à DIEU,dans le journal « Le Soleil » du mercredi 14 mars 1984: «Un pan entier de la solidarité humaine s’est affaissé hier. »avait-elle écrit!
Ces lignes ne sont que le résumé d’une facette de la vie exemplaire et de l’œuvre utile d’El Hadj Babacar KEBE dit Ndiouga,un homme qui aimait profondément son pays le SÉNÉGAL, et son continent l’AFRIQUE qu’il avait passé des décennies à parcourir de l’Ouest à l’Est, et du Nord au Sud.
Que Le Seigneur Miséricordieux soit chaque jour davantage satisfait de lui, et qu’Il l’élève chaque jour plus parmi Les Bienheureux pour l’Eternité!
Qu’Il multiplie ses semblables à travers les générations d’aujourd’hui et de demain pour le plus grand bien de l’humanité!

Cheikh Mbacké KEBE

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