Ouf, on y est ! La hausse tant attendue – pardon – tant redoutée est finalement effective. Le prix de la baguette de pain passe de 150 à 175 francs, à partir de ce mardi 15 décembre 2021. Cadeau de fin d’année… Une bonne nouvelle pour les boulangers qui en avaient fait un cheval de bataille et qui ont fini par remporter la bataille du pain devant l’Etat. Et une très mauvaise pour les « Sambene » qui vont devoir débourser un peu plus, à défaut de pouvoir se passer de cette denrée si prisée par les ménages sénégalais. 
Quoi qu’il en soit, l’envolée des prix dans le quinquennat en cours est la chose la mieux partagée. Et le contexte international y est sans doute pour quelque chose. Mais il est à se demander ce qu’ont fait nos gouvernants pour éviter de faire supporter cette nouvelle inflation au consommateur. Du carburant dont les prix ont connu une flambée, en passant par les matériaux de construction et les denrées alimentaires, les détracteurs de Macky Sall peuvent jubiler, eux qui avaient alerté sur une éventuelle hausse des prix en cas de réélection. Le riz, l’huile, le ciment, le fer, le béton, tout coûte cher y compris les logements notamment à Dakar où les spéculations accentuent davantage la toute-puissance des bailleurs et courtiers qui persistent à dicter leur loi à des locataires qui expérimentent les limites d’une loi mort-née sur le loyer.
Le candidat Idrissa Seck, lors de la campagne présidentielle de 2019 avait alerté les Sénégalais sur une hausse généralisée des prix dont il suspectait Macky Sall qui selon lui, n’attendait que de franchir le cap de la présidentielle pour franchir le pas. Un pas décisif et très pesant dans le panier de la ménagère déjà fortement éprouvé par la raréfaction du poisson du fait de la « privatisation » des eaux sénégalaises laissées à la merci des bateaux de pêche étrangers, comprenez l’Union européenne et la Chine. Accords de pêche fortement décriés par des pêcheurs locaux, contraints de se perdre en mer jusqu’en Mauritanie ou en Guinée-Bissau à la recherche de poissons, parfois au péril de leurs vies. Quid de la prolifération des usines de farine de poisson et leurs effets dévastateurs sur nos ressources halieutiques? Greenpeace n’a cessé d’alerter, en vain. Le Sénégal, n’a pas vocation à nourrir les saumons d’élevage en Europe, ni à fournir de la nourriture à des animaux de compagnie : il devrait d’abord penser à donner suffisamment de pain et de poisson à ses propres enfants, et sauvegarder une partie de ses ressources pour les générations futures.
Dans un pays où le salaire moyen frôle les 50.000 francs Cfa et où les matériaux de construction coûtent la peau des fesses, consentir une hausse sur le prix du pain s’avère être une véritable fessée que l’Etat administre au consommateur sénégalais sans doute pour « doper » son pouvoir d’achat toujours en berne. Bienvenue dans le Yoonu Yokkuté. Que dis-je ? Le Sénégal des Prix émergents, une autre facette du Plan Sénégal émergent.

NKN

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