jeudi, 26 mai, 2022
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Économie : Carnages financiers à coup de milliards, guerre des prix entre Wave/Orange …, ces faits marquants de l’année 2021…

par Sunugalnews.com

Le compteur à rebours déclenché, il y a plus de 360 jours est arrivé presque à terme. Plus que 48 heures et le calendrier de 2021 va s’effacer pour céder la place à celui de 2022. Mais avant cela, revient sur quelques faits, liés à l’économie nationale, les plus marquants de cette année. Une rétro qui met en exergue le coût de la vie, certains délits financiers, à l’image des détournements de deniers publics, des trafics de faux billets de banque, de hausse des prix des denrées de première nécessité ; de l’estocade de Wave sur Orange, de l’amende de l’Artp à l’encontre les opérateurs de téléphonie, entre autres.

2021 tire à sa fin! Une année marquée d’une pierre blanche par un ensemble de faits qui, directement ou indirectement, aura impacté la vie des Sénégalais. Dans ce lot de faits qui ont marqué l’économie sénégalaise, l’on va évoquer la hausse du prix des denrées de première nécessité. Cela a commencé au lendemain des manifestations de populations au mois de mars dernier pour, entre autres motifs, la cherté de la vie, le manque d’emplois des jeunes. Une situation, imputée à la Covid-19, qui a fait exploser les coûts mondiaux de fret maritime. Cette hausse des tarifs du fret maritime a fortement impacté les prix dans des pays grands importateurs, comme le Sénégal.

Et malgré la tentative, au mois de septembre, du gouvernement sénégalais, d’atténuer l’impact du fret sur les prix des denrées à travers la réduction des taxes, la hausse a été inévitable. Cette hausse quasi-générale du prix des denrées de première nécessité avait poussé le président Macky Sall à convoquer le Conseil national de la consommation.


Un regard dans le rétroviseur montre nettement que le prix des produits a connu une montée vertigineuse, entre 2012 et aujourd’hui. Il apparaît dès lors que le prix du litre d’huile est passé de 600 à 1 200 francs. La bouteille de 5 l qui était vendue à 6 500 F s’échange à 7 000 F. Celui de la bouteille de 20 litres d’huile, est passé de 15 000 à 23 000 F. Le riz n’a pas dérogé à la règle. Le sac de 50 kg est vendu à 16 000 F aujourd’hui contre 12 000 F en 2012.

La baguette de pain, elle aussi, a connu une hausse de 25 francs, passant de 150 à 175 F. Une augmentation des prix sanctionnée par la grève des meuniers. Ces derniers, contraints de vendre le sac de farine à 16 600 F, au lieu de 188 500 F, voulaient pousser l’autorité à revoir les prix qui, à leurs yeux, devrait coûter 19 193 F. Ils ont fini par avoir gain de cause en obtenant la révision du prix du sac.

Cette tendance haussière a été notée sur les matières entrant dans la construction. Et cela a été constaté au cours du premier trimestre de cette année. Le prix de la tonne de ciment est ainsi passé de 62 000 à 70 000 F. Au même moment, celui de la tonne de fer subissait une hausse de 12 000 F. Il fallait donc payer 50 000 F pour s’offrir la tonne de fer. Pour le béton, une augmentation de 5 000 F de plus a été opérée sur le prix. 
Le cadeau empoisonné des transporteurs aux usagers en décembre

Au chapitre des faits qui ont marqué l’économie nationale, la grève de 48 heures des transporteurs routiers y prend une grande place et aura coûté près de 30 milliards de nos francs. Une enveloppe qui représenterait environ 60 % du PIB journalier, a déclaré Kadialy Gassama, un spécialiste des questions économiques.
 Cette grève a été entamée les 2 et 3 décembre dernier avec une prolongation de 24 heures décrétée par des transporteurs qui entendaient protester contre les tracasseries dont ils disent faire l’objet, mais aussi de la concurrence déloyale que leur livreraient les acteurs du ‘’transport clandestin’’. 

La page des hausses de prix et des grèves ayant perturbé l’économie nationale, place aux carnages financiers qui, ce dernier semestre, passionnent les débats, au Sénégal. Le plus récent des détournements de deniers publics a eu pour cadre le Trésor Public. Dans cette structure, deux agents ont été arrêtés pour des faits de détournement de 5 milliards de F. Ils ont été placés sous mandat de dépôt. Ces scandales s’enchaînant, la Lonase s’est mise sous les feux des projecteurs avec un préjudice chiffré à près d’1,5 milliard de F. Un détournement de deniers publics imputable à la caissière principale à l’agence de la Lonase de Grand-Dakar. Laquelle aurait soustrait frauduleusement, à elle seule, 1,336 milliard, entre 2018 et 2021. Et ce, sur un préjudice global évalué à 1,436 milliard F. Ce qui lui a valu d’être placée sous mandat de dépôt pour des faits de faux, usage de faux et détournement de deniers publics. En outre, 7 autres personnes citées dans cette même affaire ont été placées sous contrôle judiciaire pour avoir fait main basse sur 100 millions de F.

Ces crimes économiques devenus monnaie courante 

Réputée en difficulté depuis plusieurs mois, La Poste a fait, plusieurs fois, la Une des journaux au cours de ce dernier trimestre. Cela, à cause du scandale qui a éclaboussé sa filiale Poste Finances avec plus d’un milliard de Francs détournés. Dans cette société, ce sont 1 033 chèques qui ont été saisis lors des perquisitions effectuées dans les bureaux du chef de l’Agence principale de Dakar et du chef du centre financier de Dakar. D’ailleurs, une information judiciaire a été ouverte pour tirer au clair cette affaire. Affaire qui a valu l’implication de certaines autorités religieuses pour faire libérer les mis en cause.

Et voilà que s’invitent dans la danse, les falsificateurs de billets de banque. Et c’est pour dire qu’au moins 4 trafiquants ont été appréhendés avec de faux billets d’une valeur de plus de 2 milliards F par la police de Diourbel. Un scandale qui a été au cœur de l’actualité ces derniers temps et qui porte sur une grosse prise faite au détour du démantèlement, à Diourbel, d’un vaste réseau de trafiquants de faux billets. Des trafiquants qui, dit-on, avaient confectionné 2 millions de dollars en billets non authentiques et plusieurs millions de Francs en billets noirs.

Après la capitale du Baol, retour sur Dakar où de faux billets noirs de 100 et de 50 euros de plus de 1,5 milliard et 330 millions F en faux billets, ont été saisis par la police de Médina. L’enquête ouverte suit son cours afin de situer les responsabilités. 
Le duel Wave/Orange qui donne le sourire
 Le monde de la téléphonie a été aussi sur les feux de la rampe avec l’amende de l’Agence de régulation et des télécommunications et des postes (Artp) à l’endroit de Sonatel, Free et Expresso. Au vu des manquements constatés relativement à la qualité de service comparée aux obligations mentionnées noir sur blanc dans les cahiers des charges, l’Artp a jugé bon de sanctionner les trois opérateurs de téléphonie. Ainsi a-t-il décidé d’appliquer une pénalité de 16 milliards 727 millions 712 mille 422 francs Cfa, hors taxes, à la Sonatel ; de 2 milliards 528 millions 108 mille 092 francs Cfa, hors taxes, à Saga Africa holdings limited (Free) et d’1 milliard 028 millions 466 mille 443 francs Cfa, hors taxes, à Expresso Sénégal. Cela a suscité une vague de contestations des agents de ces dites sociétés dont ceux de la Sonatel. Lesquels réclament l’audit de ladite agence de régulation.

Restons toujours dans ce monde de téléphonie et de transfert d’argent pour revenir un peu sur le bras de fer engagé entre Wave et Orange. Un duel à l’issue duquel le premier nommé l’a remporté sur son concurrent attitré. Ses chiffres d’affaires considérablement réduits, l’opérateur Orange Money a été obligé de revoir très sensiblement, en baisse, ses frais, sur chaque transaction. La forte montée en puissance du géant américain Wave qui ne réclame qu’1 % de frais appliqués aux transactions, a fini par faire réagir Orange Money. Celle-ci a décidé, le 1er juin dernier, de baisser ses frais de transaction et de les ramener à 0,8% pour chaque transfert et de rendre gratuite les retraits et les dépôts d’argent. Une guerre sans merci entre les deux opérateurs qui profite aux populations sénégalaises.  
L’affaire Pandora Papers et les 21 000 milliards F attendus par le Sénégal
 Place, maintenant, à l’agriculture, un secteur considéré comme un des piliers économiques du Sénégal qui a été fortement impacté par la diminution des pluies. Ce qui a eu pour effet une baisse de productivité de l’ordre de 7% sur les prévisions relatives à la production arachidière 2021-2022. Le ministère de l’Agriculture et de l’équipement rural attendait une production de 1,6 million de tonnes. Soit une baisse de 7% en raison d’un hivernage peu favorable par rapport à l’année dernière.

L’Affaire Pandora Papers figure en bonne place sur la liste des faits qui ont secoué l’économie. Une affaire qui a cristallisé les attentions, cette année. Pendant plusieurs semaines, était au cœur des débats, cette affaire de fuite d’environ 11,9 millions de documents faisant état de fraude et d’évasion fiscale à très large échelle. C’est ainsi que des entreprises sénégalaises ont été citées parmi les fraudeurs. Reproches leur est fait d’avoir dissimulé des avoirs dans des sociétés offshores, notamment, à des fins d’évasion fiscale. Et ce, pour payer moins d’impôts à l’État du Sénégal.

Du côté du gouvernement sénégalais, il s’était aussi posé, le débat sur les  retombées de l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz. Mettant alors à profit le Conseil présidentiel sur les hydrocarbures, le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, avait chiffré les recettes prévisionnelles à quelques 700 milliards de F attendus annuellement, par l’État du Sénégal, de cette exploitation prochaine, pendant 30 ans, soit 21 000 milliards Francs. 
Ce que révèlent les dépenses de personnel exécutées au 30 juin 2021
 Venons-en au budget national de l’année 2022 qui pointe son nez. Il a été arrêté à 5 199 milliards de Francs, a révélé le ministre des Finances et du budget, Abdoulaye Daouda Diallo. Une déclaration qu’il avait faite alors qu’il était venu présider, à Saly, une rencontre avec les parlementaires sur le projet de loi de finances pour l’année 2022. Son département a aussi fait part d’une augmentation de l’ordre de 30,59 milliards F, au second semestre de cette année, sur la masse salariale de l’État.  
Situation qui traduit une hausse constante. ‘’Les dépenses de personnel exécutées au 30 juin 2021, s’élèvent à hauteur de 440,22 milliards F, soit 48,6 % des crédits ouverts par la loi de finances’’, a indiqué les services du ministère des Finances qui parlent de 2,7 millions de F dépensés pour chaque employé, durant les 6 mois, soit 464 000 F par mois et par agent.

Relativement aux conséquences des manifestations de mars 2021, il faut reconnaître que c’est Auchan qui a payé le plus lourd tribut. Et ce pour avoir vu beaucoup de ses magasins faire l’objet de pillage. Un rapport interne de ladite enseigne française a évalué les pertes enregistrées à 7,2 milliards F.
 En parlant toujours de ressources financières, il faut signaler que le Sénégal a fait face à un déficit budgétaire énorme, à la fin du premier semestre de 2021. À preuve, le solde budgétaire était déficitaire de 616,5 milliards, à fin juin 2021, contre un déficit de 788,7 milliards à la même période de l’année précédente, a révélé la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee). Une situation qui résulte de la réduction de la mobilisation des recettes budgétaires associée à un rythme d’exécution timide des dépenses, dans un contexte de lutte contre les impacts de la Covid-19 pour la deuxième année consécutive. En effet, les ressources mobilisées, à fin juin 2021, ont été estimées à 1. 278,9 milliards, soit une baisse de 5,1%, en glissement annuel, a souligné ladite direction dans un document rendu public.  
Ces bouffées d’oxygène au profit de l’économie Sénégalaise
 À la recherche de ressources financières considérables, l’État du Sénégal a levé, avec succès, 508 milliards de Francs d’euro bond. À ce sujet, il est indiqué, dans un document produit dans ce sens, que ‘’les fonds obtenus seront exclusivement utilisés pour le rachat d’environ 70 % de l’euro bond expirant en 2024 et libellé en dollars par de nouveaux titres en euro, ainsi que le financement de la participation du Sénégal dans le développement des projets pétroliers et gaziers’’.

À noter que le secteur de l’économie n’a pas noté que des hausses de prix ou autres scandales financiers. À côté de ces pratiques qui tirent l’économie nationale vers le bas, des acteurs ont, eux, eu le mérite d’avoir donné un coup de pouce à leur département. C’est le cas dans le secteur de l’aviation civile avec la réouverture de l’Aéroport international de Cap Skirring couplée à la relance du tourisme, mais aussi au lancement par la compagnie nationale Air Sénégal S.a de la ligne Dakar / New-York / Washington / Dakar. Une initiative qui cadre avec la politique d’extension de son réseau, après le renforcement de sa flotte au cours de cette année…

NKN

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