Condamné à trois reprises pour vol, Cheikh Ameth Tidiane Sow a attenté à la vie de Mouhamed David Seck (petit-fils de la sœur de sa mère), le 3 avril 2017, aux environs de 22h.

Après avoir constaté la disparition du mouton de la génitrice de Mouhamed, rapporte Rewmi Quotidien, le vieux repris de justice impute le vol à son neveu.

Au cours d’une vive altercation dans le domicile familial, Mouhamed David donne un coup de tête à son protagoniste, lui occasionnant des blessures à la bouche.

Se sentant humilié, Cheikh Ahmeth Tidiane Sow s’introduit dans sa chambre, s’empare de son couteau de pain et attend de pied ferme le défunt devant son enclos.

Dès que ce dernier est sorti de sa chambre, il lui administre un violent coup de couteau à la poitrine.

Alertés par les cris de détresse de la victime qui a perdu la vie au cours de son évacuation à l’hôpital, les autres membres de la famille et le voisinage s’en prennent au meurtrier.

Il sera secouru par les éléments du commissariat de Rebeuss qui faisaient une patrouille dans le quartier de la Médina.

Auditionné par les enquêteurs de la Sûreté Urbaine (SU), le mis en cause, qui n’est pas passé par quatre chemins pour reconnaître les faits, confesse qu’il a agi sous l’emprise de l’alcool.

À propos du vol, il allègue que le défunt avait offert un portable neuf à son épouse le jour du vol. C’est pourquoi il le soupçonnait d’avoir dérobé le mouton.

Inculpé pour assassinat, Cheikh Ameth Tidiane Sow a fait face, hier, au juge de la Chambre criminelle de Dakar, après quatre années de détention provisoire.

Emmitouflé dans un boubou traditionnel de couleur bleue, cheveux poivre-sel, le sexagénaire soutient mordicus qu’il n’a pas tué son neveu.

« Après notre premier accrochage, je l’attendais devant mon enclos, mais je ne l’ai pas vu. C’est à la police central que j’ai appris son décès », avance le père de famille de quatre enfants.

À l’en croire, il avait bu de l’alcool, mais il n’était pas ivre.

Lors de sa déposition, Ndèye Khady Marone avait indiqué qu’elle était dans sa chambre avec son mari David au moment où l’ivrogne picolait.

« Dès qu’il est sorti de la pièce, je l’ai entendu crier en ces termes : Cheikh m’a poignardé. J’ai accouru sur la scène du crime et j’ai secoué son bourreau », avait-elle relaté.

Dans son réquisitoire, le maître des poursuites a requis 20 ans de réclusion criminelle.

« Le coup qui a entraîné la mort de la victime est imputable à l’accusé. Il a visé une partie sensible du corps. Il l’a fait de manière intentionnelle », charge le représentant du Ministère public.

Les conseils de la défense ont plaidé la disqualification du crime d’assassinat en homicide involontaire.

Le verdict est attendu le 1 décembre prochain.

NKN

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