Ces dernières semaines, la décision du président Vaz de changer de Premier ministre contre l’avis de la Cédéao avait suscité l’inquiétude quant à la tenue de ce scrutin. Mais la commission électorale bissau-guinéenne assure que toutes les conditions sont réunies pour que le vote, de ce dimanche, se déroule normalement.

Derniers discours, dernière chance de convaincre… Vendredi soir, la capitale s’est animée au rythme des concerts et des clameurs. Les principaux candidats ont installé des scènes et sonos. Les militants se sont rassemblés sur les sites des différents meetings avec t-shirts, casquettes, drapeaux aux couleurs de leur champion, dont les portraits s’affichent un peu partout en ville.

Ils sont douze en lice. Parmi eux, le président José Mario Vaz, candidat indépendant. Il a été très peu présent dans la capitale. Il a battu campagne essentiellement à l’intérieur du pays. Vendredi soir, il a insisté sur le dialogue national et la lutte contre la corruption.

Avec son éternel chapeau sur la tête et la communication bien rodée du parti historique, le PAIGC, Dominigos Ferreira a quant à lui mis l’accent sur la modernisation des institutions.

Autre poids lourd, Umaro Sissoko Embalo, le candidat du Madem, principal parti d’opposition au Parlement, qui mise sur le changement sur le thème « le PAIGC a assez gouverné, il faut du renouveau », même si lui-même est issu de ce parti. Il est revenu sur la réforme des forces armées et la stabilité du pays pour attirer les investisseurs. Nuno Nabiam a mis en avant la lutte contre le trafic de drogue.

Tous promettent en tout cas la fin des crises politiques à répétition qui freinent le développement du pays depuis l’indépendance.

La vigilance de la Guinée-Bissau

Ces dernières semaines, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest avait tapé du poing sur la table et la communauté internationale l’avait soutenu pour dénoncer le limogeage du Premier ministre Gomes par le président Vaz. Finalement, après les incertitudes de fin octobre-début novembre sur la tenue même des élections, la Cédéao a été très claire sur sa feuille de route, pas question de repousser le scrutin. Elle a brandi la menace de sanctions. Pour elle, la nomination d’un nouveau gouvernement par le président était illégale et depuis, de fait, le Premier ministre nommé par José Mario Vaz a démissionné alors que l’armée est restée en dehors des affaires politiques.

Pour l’heure, la situation semble s’être apaisée. Cette élection doit être pour la communauté internationale une nouvelle page après une série de coups d’État, de tentatives du putsch depuis l’indépendance. La Cédéao a dépêché quelque 70 observateurs auxquels il faut ajouter ceux de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la communauté des pays de langue portugaise et des États-Unis. Enfin, les forces de défense de sécurité ont déjà voté, ce jeudi, pour leur permettre de sécuriser la fin de la campagne et le vote de dimanche.

RFI

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