Seydou Diagne est un apprenti-chauffeur travaillant à bord d’un car rapide. Il a été appréhendé pour avoir blessé El Hadj Diallo avec un tesson de bouteille de vin. Il n’a pas digéré le fait d’avoir perdu beaucoup d’argent au jeu de cartes. Le procureur a requis une peine d’emprisonnement de deux mois ferme contre lui.Pour une fois, le parquet et les juges du siège sont tombés d’accord sur le délibéré d’un verdict. Quand on sait que rares sont les juges qui suivent les réquisitoires des procureurs, ce qui s’est passé lors de ce procès, mérite donc d’être souligné. Il faut dire que les faits étaient accablants pour le prévenu, Seydou Diagne.

En l’absence de la partie civile, le prévenu a expliqué les circonstances de son arrestation. Selon lui, à sa descente du travail le jour des faits vers 20 heures, il est parti rejoindre le reste de la bande sur leur place habituelle. En effet, Seydou Diagne et Cie ont un lieu où ils se regroupent régulièrement près de l’église notre Dame de Pikine pour jouer aux cartes en misant de l’argent. Ces compagnons ont ainsi trouvé un moyen particulier pour fructifier leurs gains quotidiens.

Ayant été déplumé par ses camarades de jeux, Seydou Diagne. Ivre comme un Polonais, a exigé d’être remboursé des sommes qu’il a misées. Devant le refus de ses autres compagnons, il casse une bouteille de vin sortie de sa poche. Et à l’aide d’un des tessons, il balafre El hadj Diallo qui se retrouve avec une interruption temporaire de travail de 15 jours.

Interpellé, le prévenu a reconnu les faits à la police mais les a complètement niés à la barre. « On se battait. Je lui ai jeté des cailloux sur le visage (…) je ne peux pas le frapper, El Hadj Diallo est plus costaud que moi » a-t-il indiqué face aux juges. Cependant, ce moyen de défense n’a pas convaincu le représentant du parquet, qui a interrompu net le prévenu mauvais joueur. « Faux, a fulminé le procureur, c’est lorsque tu as perdu tout l’argent que tu avais emmené par devers toi que tu as commencé à créer des troubles ».

Pour le représentant du ministère public, les faits sont constants. Il a requis deux mois d’emprisonnement ferme contre Seydou Diagne. Quant au prévenu, ne disposant pas d’un avocat, il a demandé le pardon du tribunal. Seydou Diagne a juré de tout laisser tomber : « je jure que je ne boirai plus. Je vous prie de m’accorder la liberté pour aller aider ma mère qui est vieille qui ne compte que sur moi pour survivre » a-t-il imploré. Il n’a pas été entendu puisqu’il a été condamné à deux mois de prison ferme.

Le Témoin

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