Le procès des attentats de janvier 2015 arrive à sa deuxième semaine, entièrement consacrée à la séquence allant de l’attentat contre « Charlie Hebdo » par les frères Kouachi jusqu’à l’assassinat du policier Ahmed Merabet dans leur fuite. Les parties civiles ont ainsi pris la parole mardi 8 septembre au matin, notamment les survivants qui ont vu les terroristes.

Dans leur recherche des locaux de « Charlie Hebdo », les frères Kouachi se trompent : ils entrent successivement dans deux entreprises, où ils exigent qu’on leur dise où se trouve le journal, tirant chaque fois un coup de feu. Ce sont les employés de ces sociétés que la cour a entendu ce mardi matin décrire un face à face avec les terroristes.

Soit quelques minutes qui ont bouleversé leur vie : le choc de l’apparition du duo surarmé, la violence de l’intrusion, l’odeur de la poudre, la distorsion du temps, la peur de mourir. Une terreur suscitée en particulier par Chérif Kouachi, le meneur selon eux : celui qui parle, menace et tire, quand son ainé plus calme suit et fait le guet.

« Après leur départ, on a essayé de prévenir Charlie, mais on n’avait pas leur téléphone », déplore une secrétaire. « Recroquevillés sous des chaises, on a entendu des tirs, j’ai dit aux autres, « ça y est ils les tuent », puis un temps et les rafales, énormément de coups de feu dans la rue », poursuit-elle la voix tremblante.

Traumatisme et culpabilité du survivant

Le traumatisme est encore là, et ses conséquences, toujours dévastatrices cinq ans après : crises de panique, angoisse de mort persistante, hyper-vigilance… Tous les cinq qui sont entendus décrivent les mêmes séquelles psychologiques, ainsi que la volonté brisée et des troubles de l’attention. Quatre d’entre eux ont, en plus, été licenciés peu après.

La culpabilité du survivant est aussi présente, la difficulté à se positionner en tant que victime : « Je n’ai pas été tuée, c’est une souffrance minime par rapport à d’autres. Je me sens honteuse d’être mal, par rapport aux vraies victimes », résume une quadragénaire. « On est un peu la partie oubliée, c’est très compliqué à vivre », conclut-elle.

RFI

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