L’Europe du football entre dans une nouvelle ère. Une ère post domination du Real Madrid, qui après trois saison de règne sans partage, a rendu sa couronne. Son bourreau, l’Ajax d’Amsterdam, n’avait pas le profil du successeur idéal. Mais ça, c’était à priori. C’était avant que ces bambins (moyenne d’âge 23 ans) ne se révèlent à la face de l’Europe. Face au Real justement.

Avec un 8e de finale aller à couper le souffle. Malgré la défaite subie à Amsterdam (2-1), les ajaccides marquent les esprits. Avec un football total qui célèbre son illustre créateur, Johan Cruyff. Football offensif, pressing tout terrain, redoublements de passe, surnombre dans la zone adverse, le Real s’en sort grâce à son réalisme froid. Malgré cette prestation de haute facture, les jeunes de l’Ajax sont donnés comme condamnés à être éliminés. Sauf que l’Ajax prend un malin plaisir à toujours nous surprendre, agréablement.

Au Santiago Bernabeu, on s’attendait encore à voir cette équipe joueuse mais naïve. Elle nous a montré un autre visage, laissant d’abord le ballon à son adversaire, accroissant la vitesse de ses attaques. Le réalisme avait changé de camp, dame coupe avait abandonné son fidele partenaire de 3 ans. Apres le Real, c’est la Juventus de Turin qui se met devant la route des «petits». Un autre cador européen. Mais l’Ajax ne faiblit pas. Et impressionne à nouveau.

Le score nul de 1 but partout est encore flatteur pour l’adversaire. Une veille dame qui a étouffé, suffoqué, mais qui n’a pas sombré. Sauf à domicile au match retour, l’Ajax change encore d’habits, et laisse son adversaire le presser, marquer. Avant d’égaliser sur son unique tir cadré de la première mi-temps. Pour après dérouler et éteindre la Juve en seconde période.

Apres le triple tenant du titre, l’Ajax écarte Ronaldo, lui aussi triple tenant du titre. Sur ces quatre matches décisifs, face à deux grands d’Europe, l’Ajax a fait preuve d’une belle maturité, et d’une grande capacité d’adaptation. Les bataves ont démontré qu’ils n’avaient pas qu’une seule manière de jouer au foot. Son jeu comporte plusieurs facettes. Et quel que soit l’issue finale de cette édition de la ligue des champions, l’Ajax aura déjà gagné le cœur des amoureux du ballon rond.

C’est déjà ça. En demi-finale, les tombeurs de la Juve feront face à Tottenham. Une autre équipe qui a déjoué les pronostics, et qui va disputer sa première finale de ligue des champions depuis 1961. Une éternité. Les Anglais étaient toujours présentés comme une équipe au potentiel énorme, mais qui avait toujours des difficultés à se débarrasser de cette étiquette «d’équipe espoir».

Les londoniens ont d’ailleurs souvent joué des coudes ces dernières en Premier League face aux mastodontes, comme Manchester City, Manchester United, Chelsea, Arsenal, Liverpool. Sans jamais faire mieux que la deuxième place. En Europe, Tottenham a aussi souvent déçu, par sa naïveté.

Comme lors de la saison dernière, lorsque les hommes de Pochettino se font éliminer par la Juve, en 8e de finale, alors qu’ils ont la maitrise dans cette double confrontation. Mais cette année, les Spurs ont semble-t-il gagné en maturité. Et la qualification acquise face à Manchester City est là pour le démontrer.

Ajax, Tottenham, une de ces deux équipes va donc disputer la finale de la ligue des champions. Deux équipes qui apportent une fraicheur et qui vont essayer, jusqu’au bout, de surprendre en déjouant l’ordre établi.

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