Le nombre des victimes d’accidents mortels qui va crescendo inquiète le président de la République. Seulement, il a circonscrit le mal aux conditions de délivrance des permis de conduire, après avoir préconisé le retrait des véhicules de transport en commun appelés « 7 places ». Des mesures qui ne suffisent pas du tout.

Mea culpa présidentiel

En conseil des ministres, le Président Macky Sall a souligné l’ urgence de resserrer les conditions de délivrance des permis de conduire, après que le gouvernement a annoncé le retrait des véhicules « 7 places » de la circulation. Mais ces mesures prises comme unique solution sont loin de pouvoir arrêter la tragédie routière, parce que les responsabilités autour du phénomène des accidents mortels sont largement partagés. En recommandant la restriction de la délivrance des permis de conduire, il interpelle les autorités du service des mines, dont la plupart entretiennent des rapports d’intérêts avec les gérants d’autos-écoles, lorsqu’il s’agit d’examiner les élèves-conducteurs.

Des risques notoires

Le modus operandi n’est d’ailleurs plus un secret pour certains Sénégalais qui déboursent entre 125 et 160 000 FCfa pour obtenir leur permis au bout de deux essais seulement, sans maîtriser le Code de la route, encore moins le volant. C’est d’autant plus préoccupant que les autos-écoles non codifiés forment des chauffards qui exposent la vie des concitoyens sur les routes. Le défaut d’éclairage sur certaines parties de l’autoroute à péage et la divagation d’animaux qui persiste s’ajoutent aux causes d’accidents, en dépit des nombreuses alertes des usagers.

Laxisme

Pour la lutte annuelle contre l’insécurité routière, l’Etat du Sénégal, à travers le ministère de tutelle et la direction des transports routiers, n’a jamais fait plus qu’une campagne nationale de sensibilisation et de prévention sur la sécurité routière. Pendant ce temps, une autre source d’insécurité se déclare derrière l’interdiction faite sur l’importation des véhicules vieux de plus de 5 ans, et qui arrivent encore et toujours en pièces détachées, dissimulées dans des containers, avant d’être remontés dans les garages mécaniques.

La racine du mal…corruption

En outre, les visites techniques de complaisance qui se font sous fond de corruption inquiètent également, au regard du nombre d’épaves roulantes pratiquement habituées au décor de la circulation urbaine et interurbaine. Même le renforcement des contrôles systématiques et la présence dissuasive des forces de l’ordre sur les axes routiers et autoroutiers sont partis pour maintenir en l’état la problématique des accidents, et c’est du fait d’une « complicité » qui s’est développée dans les rapports entre la police et les transporteurs.

senego

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