Un pays peut être petit de par sa superficie, mais grand de par ses hommes. C’est ce que le Sénégal tente de prouver en avançant des arguments très convaincants dans le domaine du nucléaire dans lequel seules se sont jusque-là fait remarquer les grandes puissances. En marge d’un atelier de « capacitation » destiné aux acteurs des médias, il a été révélé que notre pays ambitionne de mettre sur pied un réacteur de recherche nucléaire.

Il faut d’abord savoir que l’utilisation des techniques nucléaires a démarré au Sénégal dans les années 50 « du temps de l’Afrique occidentale française (AOF) », comme le rappelle le Professeur Ababacar Sadikh Ndao.

Cette utilisation a évolué et a permis au Sénégal d’utiliser cette technologie pour des applications en médecine, notamment dans le traitement du cancer. Ce qui fait dire au Directeur de la réglementation et des autorisations à l’Autorité Sénégalaise de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (ARSN) que la « place du Sénégal dans le nucléaire est très enviable. »

Jaloux de ce rang, le Sénégal s’est doté d’une loi des plus complètes dans ce domaine ô combien sensible. Pour réussir cela, le professeur des Universités Ababacar Sadikh Ndao révèle que l’ARSN « est partie de l’ensemble des internationaux pertinents concernant l’utilisation des nucléaires (les conventions qui traitent de la question, de la coopération internationale, la question des urgences radiologiques, la question des accidents, l’utilisation pacifique, la notion de garantie, etc…) « Au Sénégal, on a des attitudes assez poussées dans ce domaine. La formation en physique atomique et nucléaire se déroule naturellement dans nos universités. Nos jeunes font de la recherche, sont formés pour appuyer toutes ces technologies, des formations en oncologie etc », poursuit le professeur Ndao. Ce n’est pas tout.

Le directeur de l’Institut de technologie nucléaire appliquée annonce que « le Sénégal veut embarquer pour ce qu’on appelle un réacteur nucléaire de recherche » avant de souligner que « c’est le lieu d’avoir l’un des laboratoires les plus avancés en matière de recherche nucléaire. »

Expliquant les rayonnements ionisants, il fait savoir que « ce sont des ondes qui ont la particularité d’être énergétiques. » « Énergétique au point que si l’on les utilise pour ses bienfaits dans toutes ces applications-là, nous sommes quand même exposés à quelques nuisances sanitaires parce qu’ l’interaction de ces rayonnements avec  la matière vivante ou non peut conduire à des destructions de cellules, à des maladies, à des brûlures, à des échauffements tellement graves. Je voudrais vous donner l’exemple Nagasaki et d’Hiroshima. C’est de cette énergie qu’il s’agit », explicite-t-il.

Cette énergie est utilisée par l’humanité mais elle est d’abord rendue plus souple, « beaucoup plus adaptée à l’usage qu’on en fait », précise le Professeur Ndao. Mais même dans ce cas, elle reste dangereuse d’où toute la mobilisation de la communauté internationale « pour s’en protéger, pour la réglementer, pour contrôler son usage. » 

À l’interpellation d’où viennent ces ondes qui émettent cette énergie ? Le professeur Ndao répond : « elles nous viennent du cosmos, de la terre, de nous. Si vous prenez la matière, elle est divisée en deux. Vous avez dans la matière, ce qu’on appelle des atomes qui sont stables et d’autres qui sont instables. Heureusement pour nous, il y a très peu d’atomes instables dans la matière naturelle. Ces atomes instables qui émettent de l’énergie, des particules, ne nous posent pas tant de dégâts. Au cours des millénaires de l’existence de l’homme, nous nous sommes habitués à cela et on vit avec. C’est le jour où l’homme a appris à créer des atomes instables dans le but de récupérer de l’énergie pour des applications c’est là où les problèmes commencent parce qu’on se trouve exposés à des sources beaucoup plus intenses que ce nous avons l’habitude d’avoir dans la nature. Mais les applications sont tellement intéressantes pour les objectifs de développement qu’on ne peut pas s’en passer. Alors que faut-il faire ? Créer des sources. On a des usines pour ça. On les appelle des centrales nucléaires. C’est des usines qui nous permettent de fabriquer ces matières nucléaires et de les calibrer sur les types d’applications. Il y a des applications qui n’ont pas besoin de beaucoup d’énergie, on dira qu’il y a un tel atome qui répond à ce critère et qu’il est éligible à ce besoin… »

NKN

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